CHAPITRE XXX
niobi de Décembre.
Saint Eloi, évèque; Saint François-Xavier, prêtre; Sainte Barbe, vierge
et martyre.
S. Eloi, évéqae de Noyon, inaugure le cycle festival des saints du noois de décembre. On le peint» dit Holanus, avec un marteau parce quil fut orfèvre avant sa promotion à l*éptscopat. Paquot , ajoute que ce marteau indique sa charge de préfet des monnaies royales. Ou voit encore des pièces d or frappées à Paris , sous Dagobcrt et Glovis , qui présentent sur une face le nom de Eltgius. Ce grand évèque, un des plus illustres personnages du Ylle siècle, naquit à Chatelac, près de Limoges, en 588 et mourut en 659. On ne peut révoquer en doute Thabileté d*Eloi dans Tart de travailler les métaux. On sait, qu'il fit pour le roi Clotaire II , deux trônes où Tor n'était pas épargné et qui étaient enrichis de pierres précieuses. Plusieurs châsses de saints furent élaborées par cet habile orfèvre , et Ton cite celles des SS. Crépin et Crépinien , de S. Lucien , de S. Germain, de Paris , de sainte Geneviève. Devenu évèque de Noyon , en 640 , Eloi se dévoua exclusivement à la con* version des idolà,tres et à la sanctification de ses diocésains. L'art chrétien doit donc considérer S. Eloi sous ce double aspect. L'évéque n'est plus l'orfèvre et le marteau ne peut aisément s'associer h la crosse. Rien n'empêche cepen-dant de figurer S. Eloi tenant de la main gauche sa crosse et portant de la droite une châsse. Ces deux attributs ne sont point inconciliables, quoique le dernier rappelé Torfèvre. S. Eloi a été peint coiffé dé la mitre épiscopale et travaillant de son marteau sur l'enclume. Celte anomalie n'est pas supportable. La vie de ce saint nous le montre avant son éptscopat et lorsqu'il était chef des monnaies royales, vêtu de riches habits, tel que doit l'élre un homme de cour. Il
portait , néanmoins» sous ce costume de mollesse, un cilicc et se dévouait à la plus rude pénitence. Un trait consigné dans rhistoire de ce saint évéque pourrait fournir le sujet d'un beau tableau. Quand la reine sainte Bathilde apprit que S. Eloi était malade à la dernière extrémité , elle partit de Paris avec sa cour, mais quand elle arriva à Noyon, Eloi venait de rendre le dernier soupir. On verrait cette princesse fondant en larmes et à genoux auprès des vénérables restes du saint pasteur. Un saint évéque, une sainte reine scraieat ainsi rapprochés sur la toile, et celle-ci serait digne de l'art véritablement religieux. Nous ignorons si celte édifiante scène a jamais été tracée.
La vie.. de S. Eloi a été écrite par son illustre coatea^porain , S. Ouen {^AudoenusJ ^éséq^a^ de Rouen et récemnaenl traduite, avec de très-judicieuses et savantes notes, par M. Barthélémy, (de Paris), cet excellent ouvrage peut être consulté avec fruit par les artistes ebrélieas. Ils y recueilleront une ample moisson de faits qui pourront les ûaspircr et les guider.
Le 3 décembre, fête de S. François-Xavier prêtre, apôtre des Indes et du lapon. Né en 1506, au château de Xavier, non loin de Pampelune, il naotirut en 1553, dans rsle de Sancian, non loin de Macao , au milieu de ses courses cvangéliques. En 1621, le pape Grégoire XV le canouisa. Un grand nombre de traits de cette vie si pleine ont mérité d'être reproduits par lart chrétien. La galerie de Vienne s'est enrichie d'un tableau de Rubens^qui avait été peint pour Téglise des Jésuites d'Anvers. Le célèbre artiste y a représenté un des nombreux miracles opérés par ce saint, durant sa vie. François prêchait h Coulan ^ village de Travancor, près le cap Ck)morin. Les idolitres prêtaient asse^ peu d'attention à son discours. Xavier prie le Seigneur de toucher ces cœurs endurcis. Dieu lui ayant fait oonaaitrc que son vœu était exaucé , TapMre ordonna qnon ouvrit une tombe , où , la veille , un mort avait été inbnné. Les assistants reconnurent que , non>seulement ce corps était privé de vie, mais qu'il s'en exhalait une odeur fétide. François, après s'êiro rerois on pritTCs, se relève plein de
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conGaoce ol ordonne au défunt de revenir à la vie. Aussitôt la résurrection s opère et les témoins de ce prodige s'étant jetés aux genoux du saint lui demandent le baptême. Rnbens a figuré, dans les nues, des anges qui soutiennent uoe grande croix dont les rayons Crappeot les idoles et les mettent eu poussière. C'est ici la .part de la poésie artistique.
Ordinairement, S. François-Xavier est peint au moment où il prêche TEvangile. H est revêtu d'un surplis à larges manches et tient à la main un grand crucifix. Son auditoire se compose d'Indiens, de Japonais, etc. Personne n'ignore que cet illustre apôtre des lointaines régions de l'Orient est une des gloires les plus brillantes et les plus pures de cette Soci<^té de Jésus, objet d'une haine qui , à force d'injustice et d'acharnement, est devene, aux jeux de tout homme impartial , complètement ridicule et absurde.
Au 4 décembre, est fixéo la fête de sainte Barbe, vierge et martyre. Elle est honorée également dans les deux Eglises grecque et latine. L'époque de son martyre est assez incertaine. Selon le sentiment le plus probable, elle souffrit à Héliopolis, en Egypte, vers l'an 306. Elle est peinte tenant un calice et une hostie à la main. On croit quelle montra un grand zèle à procurer les derniers secours de la religion aux mourants. On a constaté plusieurs miracles qui se sont opérés par son intercession en faveur des personnes qui étaient sur le point de mourir. Il est beaucoup plus ordinaire de la voir figurée auprès d'une tour percée de trois fenêtres pour rappeler que son père idolâtre l'avait enfermée dans une étroite prison , pour la forcer, par ce mauvais traitement, à déserter la foi chrétienne. Ce fait est consigné , il est vrai , dans des Actes qui no jouissent pas d'une grande confiance. On ne saurait cependant blâmer l'artiste qui se conforme à cette vieille tradition.
En certains pays les laboureurs prennent sainte Barbe pour patronne. Une classe , beaucoup moins pacifique , celle des artilleurs est placée sous la même protection. Le magasin aux poudres, dans un vaisseau, se nomme la Sainte-
Barbe. Enfin, en quelques contrées > les jeunes mariés honorent cette sainte comme lear protectrice. Sainte Barbe était la patronne da célèbre collège de ce nom à Paris. Ses membres prenaient la qnalité de Barbistes, Le masée du Louvre possède un tableau de cette sainte par Roselii. Il est bon de noter, qu'en latin, cette sainte martyre est nommée Barbara , d'où , par une contraction , dérive ie nom de Barbe.
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