CHAPITRE XXXII
newKJènie e«BlliHUiil«B ém Hiota de
Saint Thomas , apôtre ; Saint Eticooc , diacre ; Saiole Aaaaiasie.
ke 21 décembre est consacré à Tapôtre S. Thomas. Molanus blArae les peintres qui , de leur propre autorité , placent cet apôtre au dernier rang. Or en S. Harc, il est nommé le huitième, en S. Mathieu, en S. Luc, le septième, dans les Actes, le sixième, ainsi que dans le Canon de la messe. Est-ce à cause de son tncrédulilé que les artistes relèguent cet apôtre au dernier rang? S. Grégoire le Grand leur répond dans sa 26e homélie que : « l'incrédulité de » S. Thomas a été plus utile à la foi que la croyance des » autres apôtres » S. Antonin reproche pareillement aux peintres de figurer S. Thomas orné de la cdnture do la sainte Vierge qui lui aurait été donnée par Marie ^ le jour de son Assomption. Celte croyance est, sinon tout-à-fait erronée, du moins très-suspecte. Quant au genre du martyre de cet apôtre, il fut, h ce qu'on croit, tué d*un coup de lance, en Perse ou sur la cô(c de Malabar qui reçurent de S. Thomas le bienfait de TEvangile. .
\je lendemain de la grande solennité de Noël, 26 décembre, est consacré à honorer la mémoire du premier martyr de la foi chrétienne. S. Etienne, diacre de TEglke de Jérusalem, porte un nom qui lui sied parfaitement, car le mot grec Stephanos latinisé en Stephanus signifie couronne. Or ce glorieux athlète de Jésus^hrist mérita la couronne de la victoire sur le démon , par sa glorieuse mort. En hébreu, le nom de ce saint diacre est Chdiel qui a le même sens. Etienne est ordinairement considéré comme un des soixante et douze disciples du Sauveur qui furent , au jour de la Pentecôte, éclairés de TEsprit-Saint, en même temps que les apôtres. Aussi les Actes nous le représentent préchant
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l'Evangile aux Juifs, en même temps que les membres du Sénat apostolique. Son zèle le Gt traduire devant Caïphc qui lui ordonna de se défendre. Etienne prenant la parole montra la concordance des prophéties avec les faits trèsrécemment accomplis et prêcha Jésus-Christ à ses bourreaux. Il s'écria dans un mouvement de saint enthousiasme : u Je n vois les cîeux ouverts et le Fils de l'Homme qui est à la » droite de Dieu. » La vérité ne pouvait plaire à ces aveugles volonlaircs qui, loin d'ouvrir les yeux à la lumière de la foi, se livrèrent à une fureur frénétique, traitèrent Etienne de Blasphémateur et Tayant conduit hors de la vill«, avant même qu'une sentence eut été prononcée, Taccablèreat de pierres, jusqu*à ce qu'il eut rendu le dernier soupir. Au moment où ils le lapidaient, Etienne levant les yeux au ciel, s'écria : « Seigneur Jésus ; recevez mon es- » prît. » Et puis ayant encore-assez de force pour se mettre à genoux , il dit : « Seigneur ne leur imputez point ce » péché. »» Enfin, disent les Actes, Etienne s'endormit dans le Seigneur. Paroles empreintes d'une admirable suavité et que le Christianisme seul était capable de faire entendre !
Les traits relatifs à S. Etienne ont été mille fois retracés par l'art chrétien. Aucune de ces formes ne lui a fait défaut. Il a été déjà fait mention de ce saint martyr, dans le chapitre iv de notre première partie. Ici doit être signalé le beau tableau de Jean Massip surnommé Juan , peintre espagnol. Il a représenté S. Etienne au moment où comparaissant devant le Sanhédrin juif, il montre les cieux ouverts et prononce les paroles plus haut reproduites. S. Etienne est en dalmalique diaconale, quoique, très-certainement, dans l'Eglise encore au berceau ce vêtement liturgique ne distinguât point ces ministres sacrés. On ne saurait cependant en faire un reproche an peintre, car il avait besoin de caractériser nettement le principal personnage de son œuvre. Les membres du Sanhédrin se bouchent les oreilles et profèrent des imprécations contre le prédicateur importun. Le musée de Madrid possède ce chef-d'œuvre.
Le Sueur a représenté , non point le martyre de S. Etienne, comme on le dit sans raison, mais bien S. Etienne mort
après sa lapidation. 11 est environné de plusieurs cbrétîeus qui se livrent à la plus vive douleur. Le martyr est étendu sans vie, mais sur sa figure brille la sérénité de co sommeil dans le Seigneur dont parle S. Luc, dans les Actes. Il est à regretter gue ce tableau soit sorti de France pour aller décorer un musée russe.
Séroux d'Agincourt parle d'un vitrail exécuté par J. Cousin, représentant le martyre de notre saint. Il orne réglisc de Saint-Louis-dcs-Français, à Rome. M. de Montalembert désigne comme un chef-d'œuvre un S. Etienne peint par CarpacciOy que Ton admire dans une église de Milan.
Trop fréquemment on représente S. Etienne monranl, les yeux fixés au ciel , pour traduire les paroles : « Je vois » les cieux ouverts etc. » L'artiste figure en eiïet le Fils de l'Homme assis à la droite de son Père et place cette scène dans les cieux qui sont entr 'ouverts. C'est ici un faux-sens. On a vu que S. Etienne proféra ces paroles, au moment où il comparut devant le Sanhédrin. C'est donc dans un tableau figurant la prédication de ce saint diacre que la scène des cieux ouverts pourrait être retracée, mais non au moment où le roarlyr expire.
Deux églises de Paris étaient placées sous le vocable du saint diacre. La première, Saint-Etienne-des-Grés ou des Dégrés 9 n'existe plus. La seconde , Saint-Etienne-du-Mont est située auprès de Sainte-Geneviève et ses vitraux retracent quelques scènes de la vie du patron. On ne doit pas ignorer que le premier temple chrétien qui s'éleva dans Paris eut pour patron le saint premier martyr. C'est sur les fondements de cette première église que fut édifiée la métropole actuelle de Notre-Dame. Plusieurs cathédrales de France et d'autres contrées, notamment celle de Vienne, en Autriche , ainsi qu'un très-grand nombre d'autres monuments religieux ont été placés sous le patronage du glorieux martyr. Pour la France, nous devons principalement citer les cathédrales de Bonites , de Sens , de Melz et de Toulouse.
Nous croyons devoir placer ici quelques notions ^ur sainte Anastasic , dont l'Eglise fait mémoire à la messe de
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TAurore de la solennité de Noël. Le nom de celle martyre figure avec ceux de Félicilé, Perpétue, Agathe, Luce, Agnès et Cécile. Il est le dernier de cette commémoration de saintes avant le Pater. On lit dans les Actes de S. Chrysogone qoe cette sainte était issue d'une noble famille de Rome, qu'elle fut instruite dans la foi par S. Chrysogono lui-même et que quand celui-ci eut été arrêté à Aquilée,* sous Dioctétien, la vierge Anasfasie voulut aller le consoler et qu'elle fut condamnée à être brûlée vive , en 304 , par le préfet d'IIlyrie. Ces reliques furent apportées à Rome et Ton bâtit, pour les recevoir, une église qui porte encore son nom. C'est là que les papes célébraient anciennement la messe de TAurore et depuis ce temps on fait mémoire de sainte Anastasie à la même messe.
Le nom d'Anastasie, en grec,. signifie résurrection. L'histoire ecclésiastique nous apprend que sainte Ilélone fil édi< fiera Jérusalem une église quelle nomma VAnastasie, en mémoire de ce grand mystère. Notre sainte martyre n'a, avec Y Anastasie de Jérusalem, que la communauté du nom.