CHAPITRE X
Préfis historique sur les malicret servant de champ ou de fond à l'iconographie chrétienne.
L'£glisc n'a jamais fait de prescription relative au champ sur lequel doivent ou peuvent être peints ou sculptés les sujets religieux. L'art a donc constamment joui de la plus grande latitude à cet égard. Nous eussions pu nous borner à cette indication. Mais il nous a semblé intéressant de recoeillir, sur cet objet, quelques notions qui; il est vrai, sont plus spécialement du domaine historique de Tart. Aussi nous n'avons pas la prétention de Tenvabir et le titre de ce chapitre désigne clairement qu'il ne s'agit ici que d'an coup-d'œil rapide , tel que notre plan peut en être susceptible.
Pour procéder avec ordre, dans ce précis, nous parlons : lo de la peinture murale dans tous les. genres; 2o de la tapisserie à sujets religieux ; 3o de la peinture sur verre ; 4o de la peinture sur toile ou tableaux meubles; 5o de la statuaire et reliefs.
lo On a déjà vu que la peinture ou imagerie chrétienne a son berceau dans les catacombes. Or , c'est sur la pierre , sur les parois de ces galeries souterraines que les premiers disciples du Christ , à Rome , peignirent ou sculptèrent des sujets relatifs à leur foi. Nous avons fait connaître les sujets favoris de ces premiers linéaments de l'art religieux, d'après H. Raoul-Rochette qui a parfaitement résumé tout ce qu'en ont dit les Âringhi, les Bosio, etc. , et qui en a fait luimême une étude consciencieuse. Quai^d le christianisme put s'épanouir sur le sol, après avoir en quelque sorte germé soDs terre, la tradition ne pouvait se rompre, et ce qui s'était pratiqué dans les arènes hospitalières dut se reproduire dans les temples qui surgirent de toutes parts. Il est vrai qu'il n'est guère possible d'apprécier le caractère artistique de ces primitives compositions, parce cyic le temps
les a dévorées et qu'il en reste en ce moment de très-minimes vestiges. Nous n'avons ici d'ailleurs que le fait à constater et il est historiquement prouvé que dans les siècles immédiatement postérieurs aux persécutions des empereurs idolâtres, et sans interruption jusqu'à nos jours, la peintare murale est constamment entrée plus ou moins dans tous les systèmes d'ornementation des édifices religieux. Lorsque ce genre d'iconographie qui, pendant plusieurs siècles, s'était Borné à quelques dessins linéaires , nombreux sans doute , mais peu étendus , eut pris un plus vaste champ et voulut se développer en grandes et larges pages , les paras des temples furent disposées pour recevoir ces importantes créations de l'art. C'est alors qu'apparurent les fresques, autrement jadis orthographiées fraisques. C'est en Italie, comme l'indique l'étymologie Fresca , que se firent ces premiers essais qui , à ce qu'on prétend , ne furent qu'une renaissance de Tantique art païen. On n'en rencontre des exemples remarquables que dans le Xlle siècle. Ce furent principalement les voûtes des grandes églises qui reçurent ce genre de décoration. La cathédrale d'Âibi est un des plus magnifiques monuments de cette nature que nous ait transmis le moyen-ftge. Ce n'était que sur ces grandes surfaces qu'une église d'ordre dit gothique pouvait recevoir ces poë* mes peints. L'ornementation architecturale de ces édifices ne permettait point de les placer sur des parois, si ce n'est dans des fonds do chapelles. Les églises de style grecoromain , comme le sont la plupart de celles de l'Italie , présentaient de bien plus grandes facilités. C'est en effet dans cette contrée que se font admirer les plus grandes et les plus belles fresques. Qui n'a pas entendu exalter la fresque du jugement dernier peinte au Vatican par Michel-Ange Buonarotti ? Quelques chefs-d'œuvre , en ce genre , se font admirer à Paris dans les églises des Invalides , du Yal-de- Grâce, de S. Sulpice et quelques autres. Nous n'avons point à parler ici d'un nouveau procédé appelé à perfectionner cette noble partie de l'art religieux, d'autant plus digne de notre sympathie qu'elle continue la chaîne de l'antique tradition.
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U est une autre aorte de peinlare murale qui nous a été iiicODlestablement transmise par Fantiquité païenne. C'est celle qa on nomme mosaïque. Les couleurs de la fresque s'appliquent sur un lit do chaux dont le mur vient d'élre récemment enduit, ou, selon le nouveau procédé, sur le mur iosbibé de cire, chauflé, au contraire, par un feu ardent qai Ty fait pénétrer. La mosaïque s'exécute avec des cubes plus on moins exigus de pierres diversement colorées, do marbres, de verres que Ton incruste sur le mur et que Ton onit par un ciment ou un mastic. Il en résulte des tableaux d'une solidité presque indestructible et inaltérable. Les églises d'Orient furent les premières qui admirent cette décoration , soit à Tintérieur, soit k l*extérieur. L'Occident en Urila, mais ce fut encore l'Italie qui s'appropria , presque d'one manière exclusive , ce système si riche d'imagerie sacrée. Nous n'avons pas besoin de rappeler que la basili* que de Saint-Pierre du Vatican est, sous ce rapport, d'une richesse inexprimable. Un des plus beaux morceaux de ce genre est la mosaïque do Giolto faite vers la fin du XUIe siècle et représentant la barque de Pierre agitée par les flots. Le fronton de la nouvelle basilique en est décoré. Cette œuvre ornait l'ancienne église de Saint-Pierre. La peinture en mosaïque n'est ordinairement que la reproduction d'un taUean et l'on choisit toujours ce qu'il y a de plus estimé parmi les œuvres des grands mattres. On est obligé de reconnaître que cet art est à peu près complètement négligé en France. Il serait difficile de citer quelque exemple un peu remarquable d'une mosaïque servant de décoration à l'un de nos temples chrétiens dans notre patrie.
2o U a été dit un mot des tapisseries dont S. Paulin, évècpie de Noie, orna l'église phicée sous le vocable de S. Félix. Grégoire de Tours fait mention de ce genre de peinture dans les édifices sacrés. Les Grecs nommaient ces tapisseries ou tapis siroma. Etait-ce simplement des toiles peintes de divers sujets ou de couleurs variées, ou bien des étoffes tis-^ sues telles qu'on les connaît en Europe , depuis un grand nombre de siècles? U est certain qu'au moyen-Age on décorait les églises de tapisseries peintes en tissu. On en conserve
encore quelques-unes , mais assez géDéralcmeDt Tari proCuie avait, pour ainsi parler, le monopole de Fart stroniatique. Il y avait surtout loin de ces anciennes prodnclions à la nuigniGcence et à la beauté des produits des Gobelins. Ce qai sort de cette dernière manufacture est d'un prix trop éknré pour que nos églises puissent y atteindre. Ici , comme pour la mosaïque, on ne reproduit que des peintures exécutées déjà sur la toile.
On peut classer dans cette catégorie les admirables Tèteinents sacerdotaux dont quelques trop rares types ont échappé aux injures du temps ou à ce fléau plus redoutable encore et qu'on a bi justement flétri de Tappellation de Vandalisme. Que sont devenues ces chapes , ces chasubles , ces dalmatiques hbtoriécs dont Tantiquité chrétienne et le moyen-Age revêtaient les ministres des saints autels? Une chape était souvent un tableau où se déroulait une légende, une narration biblique brodée en soie , en or , en argent , en pierreries.
3o Personne n ignore qu'une des plus brillantes décorations des édifices sacrés est le verre peint. On présume bien que nous ne venons pas ici nous engager dans une épineuse discussion sur Tusage du verre, du temps des Grecs et des Romains. Toujours est-il certain que du moins dès le Yle siècle les fenêtres vitrées , dans les églises , étaient connues , puisque Grégoire de Tours le dit de Téglise de Saint-Julien, dans sa ville épiscopale. Fortunat, évéque de Poitiers, au Vile siècle, trouve à peine des expressions assez riches pour communiquer son admiration sur les verres des fenêtres de la cathédrale de Paris. Dans le même siècle , S. Philbert , fondateur de la célèbre abbaye de Jumiéges, fit garnir de verre les croisées de son cloître. Hais il ne peut être ici question de vitraux même peints d'une couleur quelconque, puisqu'il en fait ressortir lavantage d'une grande clarté pour s'adonner à la lecture. On se figure aisément que ces vitres n'étaient autre chose que de minimes fragments de verre enchâssés dans les ouvertures proportionnées , mais dont la multiplication dans une seule baye pouvait laisser pénétrer beaucoup de jour. Ce ne saurait avoir beaucoup d'analogie
afec les yerrières scintillanles de mille couleurs que le progrès amena plus lard. Mais encore il ne faut pas confondre ces dernières avec les yilraux peints dont nous voulons parler et qui remplacèrent les antiques peintures murales dont il a été fait mention. Pour fixer Tépoque de l'invention de la peinture sur verre, il ne faut pas se borner à rechercher celle de l'introduction de ce genre d'imagerie dans l'art chrétien. Le secret de fondre les couleurs dans la matière vitrée était sans nul doute connu des anciens romains. Ce fait est constaté. Mais il n'est pas facile de préciser l'époque où les vitraux peints de divers sujets religieux vinrent s'installer dans nos basiliques. On peut cependant avec certitude en reculer la date jusqu'au Xle siècle. Cène furent, si l'on veut , que des essais plus ou moins heureux, mais au XlVe siècle cet art était arrivé à son apogée. Pendant plus de trois cents ans il enfanta les plus étonnantes merveilles dont nos vieilles églises de France que le temps a respectées étalent encore avec un juste orgueil les magnificences sacrées. Dans ces siècles de foi, la verrière d'église était, s'il est permis d'employer ce terme , le catéchisme rayonnant des populations avides d'enseignements religieux. Les peintures morales, les tapisseries des siècles précédents n'avaient pu atteindre à cette magie de prédication catholique par la vue. Gomment a disparu de nos temples cette ornementation si splendide qui récréait et ravissait les yeux du corps, tout en illuminant les intelligences? Il faut le demander à ce qa'on se complait à nommer la renaissance des arts. Le retour au style architectonique de la Grèce et de Rome devait nécessairement amener la suppression de ces immenses rosaces, de ces hautes et larges fenêtres à meneaux où s'étalaient ces peintures diaphanes. Cependant, malgré les ravages incessants du temps et des révolutions, la France possède encore de magnifiques restes do la vitrerie peinte. Nos cathédrales de Bourges, de Rouen , de Chartres, d'Auch, de Strasbourg , de Metz , de Reims , de Soissons , ainsi que plusieurs anciennes abbatiales et simples églises paroissiales se font justement admirer par leurs verrières historiées. Ce n*e$t pas ici le lieu de faire l'inventaire de nos richesses en
ce genre. Nous dirons seulement qu'il est à regretter que la grande et belle église métropolitaine de Paris ait été dépouillée, dès le XVIe siècle, des vitraux peints qui lui avaient été légués par les siècles antérieurs. L'époque de cette indigne spoliation , pour céder la place à des verres unis , peut étonner, mais n'en est pas moins consacrée par l'histoire de ce monument. Les trois magnifiques rosaces des portails de rOccident, du Nord et du Midi furent seules épargnées. Néanmoins, Paris possède encore sa gracieuse sainte chapelle nouvellement restaurée, et les églises de Saint-Gervais, de Saint-Etienne-du-Mont conservent aussi , avec amour , de très-beaux restes de celte imagerie Iransparente.
Depuis que l'art chrétien du moyen-àge a été réintégre dans les honneurs dont il n'aurait dû jamais être deshérité, plusieurs tentatives ont été faites pour redonner la vie à ceC art pour lequel l'Eglise a montré tant de prédilection , dans les siècles de foi. Divers temples chrétiens ont été décorés de ces production^ nouvelles , notamment , à Paris , Saint- Germain-rAuxerrois. Longtemps on a cru faussement qoc le secret du verre peint s'était perdu. Les exemples qui viennent d'être cités prouvent éloqueroment que l'industrie moderne peut égaler, sinon même surpasser celle des anciens peintres verriers. Reste maintenant à décider si Farchitecture greco-romaine peut accueillir, sans disparate, cette ornementation. Nous n'avons pas mission de résoudre le problème. Nous croyons pourtant que les vitraux historiés peuvent aujourd'hui s'adapter à des fenêtres en plein ceintre, aussi bien qu'aux fenêtres ogivales et à meneaux da style dit gothiqae. La nouvelle vitrerie graphique procède par des pièces ou tables beaucoup plus grandes que les anciennes et surtout exigeant de moins nombreuses armatures. Le grand vitrail peint qui est placé au fond de l'abside occidentale de Saint-Pierre du Vatican ne produit pas un moins bel effet que dans une de nos vieilles églises du moyen-Age. Nous finissons en faisant observer que la capitale du monde chrétien présente infiniment peu d'ornementations inconographiques de cette nature, mais qu'elle y supplée, d'aulrc part, au moyen de ses mosaïques.
44» Eo meDlionnaiit les peintures primitives dont nous parlent les anciens aalears , il était superflu de prévenir qu'il s'agissait à peu près exclusivement d'iconographie murale. On serait néanmoins porté à croire qu'on avait , en ces temps-là y quelque idée des tableaux mobiles et portatifs. Ceux-ci ne pouvaient être que des tissus peints. Ainsi Anastase parle de certaines tringles ou pièces transversales et isolées placées devant l'autel et auxquelles étaient appendues des images. Ce document se troove dans la vie du pape Etienne IV. Dans celle de Adrien 1er, cet auteur nous apprend que ce dernier pontife fit placer trois images sur ces mêmes tringles. Ces papes ont régné à la fin du VIII« siècle et au commencement du IXe. Les bannières qui remontent aux premiers siècles nous en fournissent une nouvelle preuve. L'Eglise a donc connn très-anciennement les images auxquelles <m pourrait donner le nom de flottantes. Ne sont-ce point là comme les premiers rudiments de l'art graphique sur toile? Mais il y a encore ici bien loin de ce que nous appelons des tableaux , dans la stricte acception du terme. On ne saurait rencontrer aisément des exemples do ce mode de peinture mobile pour les églises, antérieurement à l'époque de la découverte faite ou bien renouvelée, par Jean Van Eick , dit Jean de Bruges. Cet artiste du XVIe siècle vint à bout de fixer les couleurs sur la toile et d'autres matières , par le moyen de l'huile. Nous n*avons point à nous préoccuper ici de l'opinion do Walpole qui en fait remonter la découverteauXUIe siècle, en Angleterre. Dès qu'il fut facile aux artistes de peindre dans leurs ateliers et d'en transporter ensuite leurs œuvres dans les églises, les palais, etc. , la pâture murale fut à peu près délaissée. Bien pis encore , on la méprisa, on la reconnut indigne d'orner nos temples et on la recouvrit d'un ignoble badigeon. Les grandes et petites toiles bordées de riches cadres envahirent les églises. Ce giMire d'ornementation ne pouvait guères s'harmoniser surtout avec l'architecture ogivale dont elle rompait disgracieusement les lignes. Les deux parois libres des chapelles pouvaient à peine l'admettre. Les tableaux sont beaucoup moins en désaccord avec l'architecture moderne et peuvent
encore assez avanlageuscment couvrir de grands espaces. Mais on avouera que leur place ne peut être assignée sar les pilastres d'ordres grecs ou romains et encore moins sur les colonnes. Les grands tableaux qui surmontent les stalles du choeur de Notrc«Dame-dc-Paris y sont supportables parce que cette partie de la basilique est entièrement fermée sur les deux flancs latéraux et qu'aucune arcade n'y apparaît. Les chapelles sont donc à peu près exclusivement les emplacements comme naturels des tableaux mobiles et à cadres, ainsi qu'il a été dit. Nous devons pourtant ajouter que des peintures murales y seraient encore préférables. Quant aux églises d'un ordre inférieur qui sont les plus nombreuses , et principalemet dans celles qui ont été construites selon le goût moderne, les tableaux mobiles offrent rornementation iconographique la plus facile et la moins dispendieuse.
5o La statuaire et la glyptique ont concouru moins anciennement h la décoration dos édifices sacrés. Les premiers siècles de l'Eglise étaient trop rapprochés de l'époque païenne, et , en un temps où la glyptique de Tidolatrie était encore debout, les chrétiens se gardaient de l'installer dans le sanctuaire du vrai Dieu. La statuaire surtout avait joué un grand r6le dans la théurgie grecque et romaine. Ainsi donc, point de statues ni de bas-reliefs au service du christianisme naissant. Aujourd'hui même encore les églises orientales s'accordent à n'admettre que des images proprement dites et repoussent toute sorte de statues. C'est à tel point qu'on n'y voit aucun crucifix en relief. La figure du Christ en état de crucifixion est exclusivement représentée en peinture de tout genre sur la croix. Ce n'est pas à dire, néanmoins, que la répulsion de ces chrétientés lointaines soit fondée sur une réprobation dogmatique et que l'Eglise romaine ait jamais proscrit la statuaire et la glyptique comme indignes d*omer la maison du Seigneur. Dès que la liberté eût été rendue au christianisme , nous voyons l'empereur Constantin élever , en l'honneur de Jésus-Christ et des Apôtres , pla- <?ieurs statues. Cette branche importante de l'Iconographie religieuse se multiplia très-lentement, dans les siècles subséquents. Rome cultiva beaucoup moins que d'autres con-
irées Tart de la statuaire pour ses temples. Moianus présume qail en fût ainsi à cause des nombreuses statues profanes dont les tombeaux étaient décorés dans les églises. Si la slatoaire sacrée y eût prodigué les Saints, continue-t-il, on eût pu difficilement distinguer les premières statues de celles-ci. La piété des peuples aurait pu être trompée. Nous de?ons dire qu au moyen-âge , pendant que Tintérienr et Textérieur des édifices sacrés voyaient se déployer le plus grand luxe , en ce genre , dans notre France , en Angleterre , en Allemagne, dans les Pays-Bas, on était fort économe de cette ornementation en Italie. Aussi est-ce à la même époque que la peinture y enfanta un si grand nombre de merveilles, quelle y produisit les maîtres de Tart, tandis que la statuaire et la glyptique n*y jetèrent que quelques étincelles. On n'ignore pas que Michel-Ange est à peu près le seul qui ait uni dans sa personne ces deux formes de lart iconographique, dans sa plus noble expression.
Il ne nous appartient pas de prononcer sur la préférence qui doit être accordée à Tune de ces deux formes , pour rimagerie religieuse , encore moins sous le rapport du mérite artistique. On conviendra pourtant avec nous que la peinture est beaucoup moins bornée que la statuaire pour retracer les mystères du christianisme , les faits bibliques, pour remplir , en un mot , cet office de prédication peinte qui entre dans le domaine des beaux-arts.
I^ glyptique qui comprend la sculpture en relief a un champ presque aussi vaste que la peinture. Elle est admise dans Fart chrétien, et le moyen-âge nous a légué des œuvres admirables élaborées sur la pierre, le marbre, le bois, les métaux. On cite, en ce genre, les stalles du chœur de la cathédrale d*Amiens. On peut y classer les boiseries sculptées du chœur de Notre-Dame-de-Paris. Une église paroissiale de cette ville, Sainte-Elisabeth, possède, en riche sculpture sur bois et distribuée en cent panneaux, l'histoire de Tancien -t du nouveau testament. Cette œuvre est des premières muées du XVIIe siècle et ornait Téglise abbatiale de Sainl- ^'aast, d'Arras. Notre siècle, il faut bien l'avouer, est sinuHèrcmcnt arriéré, dans cette branche de Tart chrétien.
114 mSTITUTlONS
Tontes nos découvertes en matière plastique , lecarloii'-pâle, le carton-pierre , Tivoire liquéfié et tantd*autres ne sont pas destinées à glorifier notre époque. Le plâtre a produit néanmoins dans la statuaire et la glyptique quelques œuvres estimables.
En général, pour ce qui regarde le premier de ces arts, les statues représentant la sainte Vierge en sont lexpansion la plus ordinaire. Nous n avons point à parler, en ce moment , des crucifix de toutes dimensions qui appartiennent à cette catégorie de Fart chrétien. Selon les règles de l'Eglise , cette image de Jésus sur la croix doit élre rigoureusement . sculptée ou ciselée en relief détaché et appliquée sur la croix, lorsqu elle est placée sur un autel où doit être célébré le saint sacrifice. Cette image peinte ou sculptée sur an relief fixe ne pourrait suffire. Cette règle seule est une consécration positive de lart de la statuaire au service du culte catholique.
Nous n'avons point à nous occuper ici d'une foule d'autres moyens qui sont à la disposition do Tlconographie chrétienne, tels que les émaux, les médailles, la miniature sur peau de vélin qui prit une si grande extension dans le moyenâge. L'imagerie catholique n a presque pas d'horizon qui la borne» Il ne nous est permis par notre plan que de traiter l'art strictement liturgique , c'est-à-dire l'art qui se rattache au culte public, car nous ne pouvons avoir la présomptueuse pensée de tracer une histoire de l'art chrétien , sous tontes ses formes d'expansion. Nous l'avons déjà dit en ouvrant ce chapitre.
DE
CVCXX FBSTIYAL KX BISTOmiQtnE DE N.-S.-J.-C.