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CHAPITRE XXIII

Insignes du Pape eldes Archevêques.

Deux chapitres sur divers insignes de la haute hiérarchie termineront convenablement cette cinquième partie de nos Institutions de Vart chrétien.

Pour le pape, ces insignes sont la tiare, la mitre précieuse à cercle d*or, fe fanon , le pluvial orné d'un formai , la croix papale avec ou sans Christ.

Pour les patriarches et archevêques» le pallium, la croix portée devant eux.

Pour les évéques, la mitre, la crosse, la croix pectorale, Tanneau. Les deux derniers appartiennent aussi au pape et aux archevêques. La mitre est commune à tous , le pallium est aussi un insigne du pape, et la crosse est pareillement Tinsigne des patriarches ei des archevêques.

Les abbés bénits portent aussi la mitre , la crosse, la croix pectorale et Tanneau.

lo Insignes particuliers du pape. Le souverain Pontife a la tête couverte de la tiare , dans les cérémonies solennelles. C est un bonnet de drap d'or rehaussé de trois couronnes superposées et dont le sommet est orné d'une petite croix. Derrière la tiare pendent 'deux bandes de drap d'or terminées par des franges. Les pierreries , les perles enrichissent cette coiffure pontificale. La tiare donnée par Napoléon , au pape Pie YII , est estimée d'une valeur de huit-cent*-mille francs.

Jusqu'au pape Boniface VIII, la tiare, connue dans les auteurs anciens , sous lo nom do regnum , règne , n'eut qu'une seule couronne. Ce pontife y en ajouta une seconde. Enfin, Urbain V, fil de la tiare ce que les Italiens nomment triregno, le trirègric. Lors donc que les artistes veulent représenter un pape antérieur à Boniface VIII , s'ils

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le coiffent du triple diadème ils commeUent un anachronisme. Sans doatc il n'y a pas dans cetle erreur un grave danger, mais ne convient-il pas de se conformer à Tbistoire, quand on peint ou sculpte un sujet historique? Ne serait-ce pas blesser la vérilé que de figurer, par exemple , la tiare à trois diadèmes sur la (été du pape Léon III, lorsqu'en 800, il couronne Charlemagnel Une autre observation ne sera point ici déplacée. Quand on signale des peintures où la première Personne de la sainte Trinité porto une tiare à un seul diadème , certains archéologues prétendent , qu'en ce cas, le Père étemel est figuré non en pape mais en roi. Ils se trompent. Ici le Père est représenté on pape, avec la différence du siècle , pour le nombre des couronnes. Il pourrait cependant y avoir quelques exceptions , mais nous les croyons rares.

A ce qui vient d'être dit , nous croyons devoir joindre le passage suivant de Frédéric Borromée : a Les Souverains- » pontifes sont distingués par une mitre spéciale qu'on n nomme regnum. Elle doit être entourée de trois conron* » nés pour désigner l'autorité suprême. C'est ainsi que dans 0 l'ancienne loi le Grand-prêtre était distingué et Josèphe » dit qu'il avait sur la tête une triple couronne. Il existe n néanmoins une antique peinture où le règne n est point » orné d'une triple couronne, mais seulement d'une sorte » de plaque d'or qui en occupe le bord inférieur. C'est ce » que l'on peut remarquer à Assise sur la courtine de l'au* » tel du pape Honorius. On voyait à Saint-Jean-de-Latran, o dans la chapelle consacrée à S. Sixte une mitre pontifi- » cale qui n'avait qu'une seule couronne placée au bas, au- » tour de la tête , et la mitro se terminait en pointe aiguë » avec un globule d'or. » Quoique l'auguste écrivain que nous citons n'indique pas d'une manière précise les époques fixes par nous citées , on y voit que anciennement la tiare n'était entourée que d'une seule couronne. Ce passage, loin d'infirmer, corrobore ce ^ que nous avons dit. (Voyez le chapitre ix de la première partie).

La mitre précieuse ou glorieuse est garnie d'un cercle brodé d'or. La face antérieure porte des lames d or qui

s*éteiident jusqu'au sommet. En outre , elle est parsemée de pierreries. Cette mitre semble un diminutif de la tiare. Les autres mitres papales moins riches sont pareilles k celles des érèques et servent dans des occasions moins solennelles.

Le fanon est comme une sorte de pèlerine de soie rayée de diverses .couleurs et d'une extrême délicatesse de tissu. I^ pape en a les épaules couvertes avant de mettre la chasuble. Lorsqu'il a été revêtu de celle-ci, comme le fanon est double , on retire de dessous la chasuble , la partie supérieure qui est rabattue , tandis que la partie inférieure reste sur ta dalmatique que le pape porte sous la chasuble. C'est donc une sorte de mozette qui apparaît sur les épaules du pontife immédiatement sur la chasuble et sous le pallium.

Quand le pape est revêtu ponlificalcment , hors de la messe, il porte un pluvial ou chape de drap d'or qui se rattache sur la poitrine par le moyen d'une agraffe qui porte le nom de formale. Cette agraffe est formée de trois pommes de pin en or et en pierreries , disposées en triangle , tandis que le formai des cardinaux-évêqnes porte trois pommes de pin rangées sur la même ligne.

La croix papale est de deux sortes. Celle qu'on porte devant le Souverain-pontife est montée sur une hampe et est ornée d'un Christ attaché à la croix. Celle que le pape tient à la main est moins haute et n'a piint de Christ. Le pape porte celle-ci en guise de crosse , quand il consacre on évêque , ou un autel , ou quand il ouvre la porte-sainte du Jubilé. Chacune de ces croix est à un seul croisillon et jamais à triple traverse, comme on se plait mal à propos h figurer, surtout en France, la croix papale. Il n'a jamais existé à Rome de croix à triple ni même à double croisillon. (Voir ce qui a été dit sur ce sujet dans le chapitre ix de la première partie).

2o Insignes des archevêques. Le premier de ces insignes est le pallium. Il fut, dans le principe, un vrai manteau, comme rexprime son nom. Il se réduit aujourd'hui à une bande de laine blanche parsemée de croix noires. Cette

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bande forme d*abord autour du col, sur les épaules, une espèce de collier accompagné par devant et par derrière d'une bande de même forme dont les bouts se terminent par de petites plaques de plomb, afin de les empêcher d'ondoyer sur la poitrine et sur le dos. En France , les évêques d'Autun et du Puy sont , par un privilège attaché à leur siège, décorés du pallium

Devant les archevêques et même devant les évêques qui ont droit ie palltunij ou même qui en ont la prérogative seulement personnelle on porte une croix montée sur sa hampe. Cette croix est comme celle du pape , à une seule traverse. (Voir pour plus amples détails le chap. ix ci-dessus indiqué).

Parmi les insignes dont nous venons de parler il n'est que la croix archiépiscopale qui soit ordinairement dans le cas d'être fabriquée en France. Or cette croix n'a rien qui la dislingue des autres croix processionnelles de chapitre ou de paroisse, si ce n'est peut-être quelle est dorée ei encore les croix de procession sont également en cuivre doré dans les églises riches , comme à Paris et dans plusieurs grandes villes.

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