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CHAPITRE XXV

Mission comme sacerdotale de l'art chrétien.

Dans un ouvrage qui a pour but la construction, TorDcmentalion et rameublemenl du temple chrétien on ne saurait trouver déplacées les citations que nous allons tran^ crire. Elles sont empruntées au livre par excellence et la liturgie de Paris en a formé Tépttre de la fête de S. Eloi. On sait que ce grand éyéque de Noyon est aussi connu par son habileté dans Torfèvrcrie que par ses éminentes qualités épiscopales.

Ainsi donc nous voyons dans le chapitre xxxi du livre de TExode le Seigneur qui parle en ces termes à Moïse :

« J'ai appelé par son nom Béséléel , fils d'Uri , fils de » Hur, de la tribu de Juda.

» Et je lai rempli de Tesprit de Dieu» de sagesse, et d'in- » telligence, et de science , dans tout ouvrage ^

» Pour exercer son industrie sur tout ce qui peut se fa- » briquer en or, et en argent, et en airain ,

» En marbre , et en pierres précieuses , et en toute sorte i> de bois ,

B Et je lui ai donné pour associé Oliab, fils d'Achisamecb, 0 de la tribu de Dan. Et j'ai placé dans le cœur de tout » artiste éclairé la sagesse , afin qu'ils exécutent tout ce » que je t'ai ordonné , savoir :

» Le tabernacle de l'arche d'alliance , l'arche du témoi- >» gnage , et le propitiatoire qui est sur elle , et tons les » vases du tabernacle,

» Et la table et ses vases , le chandelier d or très-pur n avec ses vases et les autels des parfums ,

» Et d'holocauste et tous leurs vases , le bassin avec sa » base.

» Les saints vêtements pour le ministère d'Aaron, grand- » prêtre et de ses fils, afin qu'ils remplissent leur office dans » les fonctions sacrées.

» Ils ( Béséléel et Oliab ) feront ( les vases ) d'huile d*onc-

DÇ l'art chrétien. 273

» lion el les cassolettes de parfum dans le sanctuaire^ (oui » ce que le seigneur a ordonné. »

Ces paroles du Seigneur à Moïse prouvent combien pour laroeublement d'un sanctuaire , qui encore môme n'était que mobile et provisoire, le Dieu d'Israël attachait d'importance à sa confection. Béséiéel , Oliab et leurs aides recevaient du Très-Haut l'inspiration qui devait les guider. Dieu ne voulait point laisser à leur intelligence naturelle le soin exclusif de cette fabrication. Il met dans leur génie sa propre intelligence, sa science, son esprit, sa sagesse. Nevou- Jait-il pas nous faire ainsi comprendre que surtout dans ce qui tient à son service, l'esprit de l'homme doit, pour ainsi dire , s'effacer pour n'interroger et ne suivre que des inspirations puisées à l'éternelle source de ce qui est véritablement beau ?

On vit , aux siècles de foi , les artistes dans tous les genres , lorsqu'ils travaillaient à l'édification des temples chrétiens, à la confection de ce qui devait servir au culte sacré, consulter les saintes règles de la discipline , les étudier avec amour pour les traduire dans leurs œuvres et faire comme abnégation de leur génie individuel pour le soumettre à ces enseignements surhumains. Aussi celte condescendance reçoit en ce moment , sur la terre môme ^ lu glorification dont elle est si digne. Qui oserait assurer les mômes honneurs aux artistes qui , pour orner le temple du vrai Dieu , ont emprunté au paganisme ses traditions esthétiques?

L'art véritablement chrétien est donc une sorte de sacerdoce. Or, de môme que le prôtre, pour obtenir une riche moisson, ne sème point sa propre parole , mais bien celle qui procède de la bouche de Dieu , l'artiste qui travaille pour l'Eglise doit se tenir en garde contre ses conceptions 4ont Tamour-propre ne manquera pas de lui exagérer le mérite et ne pas oublier que son labeur est destiné à devenir aussi une prédication quoique muette. On a dit ceci des peintres , des sculpteurs et pourquoi ne l'appliquerait-on pas à ceux qui , pour le service de l'Eglise , mettent en œuvre l'or , l'argent, les autres métaux, la pierre, le bois, les étoffes? 18

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