‹ Institutions de SparteChapitre 111 sur 242 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

douloureuse, parce qu'elle affaiblissait la cité.

Aussi Sparte ne reculait-elle devant aucun sacrifice pour sauver ses hoplites formés par l'éducation la plus rigoureuse.

En 425, les Athéniens, établis à Pylos, y avaient élevé des retranchements, d'où ils pouvaient soulever la Messénie. Sparte s'effraya. Elle réunit, pour les chasser de cette station, toutes ses forces de terre et de mer, et, avec quatre cent cinquante hoplites, occupa l'île de Sphactérie, qui ferme le port de Pylos.

Cette petite troupe fut cernée par des forces vingt fois supérieures. Sparte demanda la paix, qui lui fut accordée. Mais la famine pressait l'héroïque garnison. Athènes eut intérêt à violer sa parole ; elle la viola. Aidées des Messéniens, ses troupes descendirent dans File, refoulèrent les hoplites et les forcèrent à se rendre. Ils étaient réduits à deux cent quatrevingt douze, parmi lesquels on comptait cent vingt Spartiates.

En 421, la paix enfin conclue entre Nicias et le roi Plistonax, les prisonniers furent échangés. Cette condition avait été le principal motif des concessions faites par Sparte.

Elle recouvra ses guerriers ; mais , pour les punir de n'avoir pas accompli leur devoir jusqu'au bout, elle leur enleva le titre de citoyen. C'était une satisfaction donnée à la vieille discipline, la sanction d'une loi respectée. L'intérêt eut ensuite sa part, et, pour ne pas diminuer le nombre des citoyens, on rétablit dans leurs droits ceux qu'on venait de frapper.

Après Leuctres, oii lesLacédémoniens avaient pris la fuite, les éphores cherchaient le moyen de ne pas

frapper ou de ne pas flétrir un si grand nombre de soldats. Ne voulant pas porter atteinte aux lois , ils chargèrent Àgésilas de prendre les mesures qu'exigeait la circonstance.

Agésilas se rendit sur la place publique. « Je ne ferai point de lois nouvelles, dit-il, et je me garderai de rien changer, ni ajouter ou retrancher aux anciennes. J'ordonne donc qu'à compter de demain, toutes nos lois soient en vigueur (l). »

Et les prisonniers redevinrent citoyens.

Page 1