La troisième cause était l'exposition des enfants
« Celui à qui un fils naissait, dit Plutarque (1), n'était pas maître de le nourrir, mais il le portait en un lieu appelé Lesché, où les vieillards de sa tribu Texaminaient. S'il était bien bâti et robuste, ils lui commandaient de l'élever; un des neuf mille lots lui était assigné. S'il était mal venu et difforme, ils le faisaient porter dans ce qu'on appelait les apothètes, près des escarpements du Taygète, attendu que, ni pour lui-même, ni pour la république, il n'était avantageux qu'il vécût, puisqu'il n'avait pas, dès le début de la vie, ce qui assure la force et la santé. »
Voilà le cas que faisaient de la vie humaine ceux qui ne la considéraient qu'au point de vue de l'utilité générale !
Sans doute, ces enfants pouvaient être sauvés par des périèques jaloux de s'augmenter. Mais combien devaient périr ! Quant au nombre des expositions, il devait être considérable. Qu'aurait-on fait des enfants à qui on ne pouvait assigner aucun lot de terres ?
L'autorisation dont parle Xénophon de céder sa femme, quand on n'avait pas d'enfants, ne compensait certainement pas ces pertes.
L'organisation de la propriété limitait aussi le nombre des enfants. Le lot du Spartiate ne pouvait être divisé. Qu'arrivait-il lorsqu'une femme Spartiate avait plusieurs enfants ? L'aîné était le continuateur de la famille, puisqu'il recevait les terres formant
(1) Lycurgue, XVI.
(2) République de Sparte, I.