‹ Institutions de SparteChapitre 118 sur 242 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

également désastreuse dans l'état des personnes.

Aristote dit que les citoyens qui a n'avaient pas les moyens de fournir aux syssities ou repas publics , étaient privés de leurs droits politiques (1). » Il y eut, dès lors, des degrés dans la partie privilégiée elle-même.

On comptait, au premier rang, les égaux (2), c'est-à-dire ceux qui, jouissant de la plénitude de leurs droits politiques, formaient la caste supérieure.

Puis venaient les mférieurs (3), que leur indigence éloignait des repas publics, et qui, par une conséquence dont on ne voit pas la raison, mais que les Spartiates maintenaient rigoureusement, avaient perdu leurs droits politiques.

Si on ne leur rendait pas ces droits, on n'en privait pas leurs enfants. Plutarque (4) parle des citoyens pauvres et ayant perdu leurs privilèges, qui étaient associés aux enfants des riches, à qui on payait la contribution pour les repas publics, et qui recevaient le bienfait de l'éducation et de la discipline Spartiates. Ils reprenaient ainsi la plénitude de leurs droits.

Cette classe renfermait encore, d'après Schœmann (5), les enfants nés d'un Spartiate et d'une femme hilote qui n'avaient pas reçu de leur père, par l'adoption avec sanction royale et par l'éducation, la condition de citoyens.

(1) Politique, U, 7.

(2) 'O[xoioi.

(3) *TTCO[X£tOV£Ç.

(4) Agis et Cléomène, ÏV.

(5) Recognitio quœstionis de Spartanis homœis, p. 116.

Les néodamocles (1) venaient après eux. On ne sait rien exactement, ni de leur origine, ni de leur situation. Ils étaient certainement au-dessous des inférieurs. Ils se composaient, à ce que l'on croit, d'hilotes, qui, en récompense de leurs services et d'actions d'éclat, avaient reçu la liberté. Sans être assimilés aux Spartiates, ils étaient supérieurs aux périèques.

Ce classement où l'on retrouve, même dans la violation de la loi, l'esprit de réglementation de Sparte, constate, d'une manière indubitable, l'affaiblissement etla corruption de la constitution primitive. Il met en relief la décadence des mœurs.

7. Enfin, la cause laplus générale etlaplus puissante fut la surbordination absolue de la famille à l'Etat, de la vie privée à la vie publique.

Les lois ne sont jamais impunément en opposition avec les principes éternels, auxquels toute société est soumise. On peut, pour quelque temps , faire vivre un peuple d'une manière factice et violente ; mais le droit ne prescrit jamais, et la nature n'abdique pas.

Affaiblir la famille afin de fortifier TÉtat, c'est blesser l'homme dans ses sentiments les plus chers et rendre impossibles les vertus les plus nécessaires à toute organisation sociale.

Il n'y avait plus de devoirs pour le père, plus d'honneur pour la mère, plus de règle pour les enfants. On a beau inspirer ce qu'on appelle les vertus civiques , si les vertus naturelles sont comprimées, l'équilibre social est détruit.

(1) N£o5a(xc68£tç.

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