‹ Institutions de SparteChapitre 124 sur 242 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

vêlait pas, et se réduire, puisqu'elle ne comblait pas ses vides; mais quoique le remède fût à sa portée, elle ne sut jamais y recourir d'une manière sincère et complète.

Elle saisissait d'ailleurs toutes les occasions de marquer la ligne de séparation entre les deux peuples. Le périèque pouvait porter les armes pour défendre la patrie ou étendre son influence, mais il aurait vainement aspiré à remplir dans la ville la plus modeste magistrature. Le Spartiate ne pouvait obéir qu'à des hommes dont la dignité égalât la sienne.

L'exception faite pour certains commandements militaires se produisait au loin dans des moments difficiles, et elle n'était que temporaire. L'intérêt était la loi suprême des Lacédémoniens. Il justifiait tout, et seul il était capable de dominer momentanément l'orgueil. On avait hâte, d'ailleurs, de prendre une revanche.

Les enfants du périèque pouvaient être adoptés par un Spartiate. L'adoption était faite devant le roi. Celui qui adoptait devait avoir un majorât (1), et l'enfant adopté recevait l'éducation publique.

Il n'est pas sûr que les périèques aient, à part quelques exceptions , ambitionné le changement de la condition à laquelle ils étaient attachés depuis des siècles. Sans doute, l'homme aspire toujours à sortir de lui-même et à devenir le supérieur de ceux dont il a toujours été l'égal , mais n'hésite-t-il pas lorsque les inconvénients dépassent les avantages?

Le privilège du Spartiate était chèrement acheté. , Le périèque, admis dans la classe privilégiée, serait

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