‹ Institutions de SparteChapitre 125 sur 242 · HÉRODOTE, VI · texte numérisé non relu

HÉRODOTE, VI

toujours resté, par son origine et l'implacable orgueil de ceux qui lui auraient donné place parmi eux , dans une condition absolue d'infériorité. Ne valait-il pas mieux être au premier rang parmi les siens, et n'avoir pas à subir les exigences tyranniques d'une discipline à laquelle des enfants peuvent se plier, mais qui devait effrayer des hommes habitués à suivre les lois de la nature?

L'activité du corps et de l'esprit donnait, d'ailleurs, aux périèques ce que les Spartiates considérèrent longtemps comme indigne d'eux : la richesse. Ils rendirent, par le travail, leurs terres fécondes. Ils en transformèrent et en exportèrent les produits. Ils se créèrent des relations dans l'intérieur du Péloponèse, dans les îles voisines, et bientôt au loin.

Les relations avec la Crète étaient anciennes. La communauté d'origine les avait établies, l'intérêt les multiplia. Ils devinrent industrieux, et ce que les habitudes austères des Spartiates ne leur permettaient pas de vendre au dedans, ils le portèrent au dehors. Ils travaillaient pour le luxe étranger.

Il vint un moment oii l'exportation seule ne fit pas. leur richesse. L'avarice était un des traits distinctifs du caractère Spartiate, et Aristote (1) constate que tous les temps l'ont manifesté. Maistoutdevaitretenir le citoyen dans son pays : la monnaie, l'ignorance, l'inexpérience de la mer, Torgueil, l'intérêt.

Il en fut ainsi pendant plusieurs siècles ; mais lorsque les conquêtes et surtout la politique eurent jeté dans Sparte des sommes considérables, qui ne profitèrent d'abord qu'au trésor public, l'avidité

(1) Politique, II, 6, 23.

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