‹ Institutions de SparteChapitre 127 sur 242 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

États. Elles décidaient du sort des plus longues guerres, et Athènes, après vingt-sept ans, tomba par une défaite navale essuyée dans une contrée lointaine.

Il est facile de comprendre combien, sans rien changer à leur situation politique , leur importance navale fut avantageuse aux périèques.

Si les Spartiates promettaient la liberté aux hilotes qui avaient rendu des services à la patrie, n'était-il pas juste qu'ils appelassent dans leurs rangs les périèques, qui leur avaient valu des victoires glorieuses?

Mais le caractère des Spartiates était encore plus inflexible que la loi, et si des périèques purent, dans des circonstances critiques, épouser les veuves des guerriers tombés en grand nombre sous les coups de l'ennemi, ils durent, le plus souvent, jouir de leur gloire, au sein d'une fortune acquise par le travail.

Tous les États anciens pouvaient se rajeunir par la création de citoyens nouveaux. Ils recoururent peu à ce moyen. L'orgueil de caste ne dominait pas moins les démocraties que les oligarchies. « C'est la disette d'hommes qui l'a tuée, disait Aristote (1) en parlant de Sparte. On assure que sous les premiers rois, pour éviter ce grave inconvénient que de longues guerres devaient amener, on donna le droit de cité à des étrangers. y> Mais l'exemple ne fut pas suivi, et comme le nombre des citoyens est un des éléments de la grandeur, cet élément disparaissant, Sparte marcha vers la ruine.

(1) Politique, II, 6^ 12»

Les Hilotes.

1. L'esclave avait, à Sparte, un caractère que Ton ne trouve chez aucun autre peuple. Il appartenait à l'État et non aux citoyens.

Il pouvait dépendre du Spartiate ou du périèque, et même de ses propres concitoyens, échappés à sa situation misérable. Mais ce n'était qu'à titre précaire. L'État restait toujours son véritable, son seul maître. Seul, il pouvait le vendre (1).

L'esclave avait un nom particulier. Il s'appelait hilote. Ce nom vient de la ville d'Hélos, dont les habitants furent, après un siège meurtrier (813), réduits à la plus cruelle servitude, ou d'un mot qui désigne spécialement l'esclave de Sparte (2).

Des Messéniens et des Laconiens étaient confondus dans le nom d'hilote.

L'esclavage est un fait général dans l'antiquité. La force, qui primait tous les droits, en a fait la condition nécessaire de l'existence de toutes les cités. L'homme vaincu devenait la chose du vainqueur. En échange de la vie qu'on lui laissait, on exigeait l'abandon de cette prérogative qu'il a reçue avec la vie, et que Dieu créateur a donné comme le plus précieux

(1) Strabon, vm.

(2) "Ei)>a)ç, £cXa3Tr]ç, dont la racine est efXov, aor. 2 de aipéw, prendre, saisir.

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