CHAPITRE V
enfants, et ne pouvait être vendu hors du pays.
Il semble donc que, tout en jouant avec sa vie et sa dignité, le Spartiate ait tenu à faire sentir à l'hilote qu'il ne le confondait pas avec les esclaves des autres villes de la Grèce.
Ceux-ci étaient le prix des guerres étrangères; vendus dans les marchés, ils appartenaient à des particuliers. L'hilote, au contraire, était Grec; la valeur Spartiate l'avait conquis dans ce qui était devenu son propre territoire, et l'État était son maître.
Indépendamment du caractère des Spartiates , ces trois différences suffisent pour expliquer comment la condition de l'hilote, dans ce qu'elle eut de doux ou de cruel, ne ressemblait en rien à celle des esclaves que, pour la honte de l'humanité, l'histoire nous montre en si grand nombre et dans une si triste situation chez tous les peuples de l'antiquité.