‹ Institutions de SparteChapitre 14 sur 242 · CHAPITRE I · texte numérisé non relu

CHAPITRE I

Ai

réfugiés auprès de Thésée, en Attique, au xiv^ siècle. Eurysthée les y poursuivit. Il fut vaincu et tué; mais les Héraclides durent, d'après une convention respectée, parce qu'elle était d'accord avec l'ordre des dieux, attendre trois générations, avant d'occuper le pays oii ils devaient poursuivre leurs destinées (vers 1190).

Les Héraclides et les Doriens avaient uni leur fortune. Ils détrônèrent les Pélopides, et occupèrent une partie du pays. Quelques-uns des vaincus émigrèrent; d'autres, subissant la situation nouvelle, demeurèrent, comme sujets, dans la contrée où ils avaient été souverains.

Sparte domina les villes du Péloponèse.EUe résuma la puissance des Doriens, comme Athènes représenta celle des Ioniens. La lutte entre ces deux villes fut la lutte de deux génies opposés , l'un souple et brillant, fécond dans les arts de la paix et puissant par l'ascendant irrésistible de sa supériorité; Tautre, ferme, rigide, créé pour la guerre, demandant la domination à la force, et ne se croyant maître que lorsque tout pliait sous sa loi.

C'est dans l'histoire de ces deux villes et de ces deux esprits , dans le développement simultané ou successif de leurs institutions, que se résument les destinées de la Grèce.

Les autres villes ont des périodes de grandeur, des hommes qui provoquent l'admiration, et des actes qui témoignent de ressources considérables et de hautes qualités. Nulle partit n'y eut une doctrine politique plus suivie, un but cherché avec plus de persévérance, une liste plus longue de supériorités

en tout genre, un hommage plus éclatant et plus complet rendu aux principes par lesquels les sociétés vivent, grandissent et prospèrent, que dans la ville de Lycurgue et dans celle de Solon.

Ni Sparte ni Athènes ne sont des modèles de gouvernement, mais leur histoire renferme les plus hautes leçons pour les hommes et pour les peuples. Elles offrent à l'admiration des siècles, dans leur patriotisme, les plus nobles efforts et les plus douloureux sacrifices. Rien de ce qui a reçu cette double consécration ne doit être perdu pour l'humanité, alors même qu'à des vérités se mêlent de grossières erreurs, et que les plus solides vertus ne reculent pas devant le contact des vices les plus odieux.

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