I. E p Ê o p o IV È e
Le Péloponèse et la Laconie.
1 . Le Péloponèse est une presqu'île unie au continent par un isthme appartenant à la Mégaride et à la Gorinthie, et qui, assez large au nord, renflé au centre, n'a pas plus de six kilomètres dans sa partie la plus resserrée.
Les deux côtés de Tisthme sont baignés par la merdes Alcyons et le golfe Saronique.
La presqu'île s'élargit de l'est à l'ouest , et se prolonge, vers le sud, par trois avancements inégaux.
Les côtes sont extrêmement découpées du côté de la mer Egée et de la mer Ionienne; elles forment des criques et de petits golfes qui semblent une invitation à des expéditions maritimes. Les accidents du sol divisent la contrée en un certain nombre de parties où s'est enfermée l'activité des habitants.
Les montagnes couvrent ce pays, et se rattachent au système qui, du Pinde, Véritable épine dorsale de la Grèce, se répand dans l'Hellade, où il forme un
amas confus de hauteurs inégales. Elles descendent, dans toutes les directions, vers la mer, escarpées à Test et à l'ouest, doucement inclinées vers le sud. C'est peut-être à ces inégalités capricieuses, imitant les festons de la feuille de mûrier, plutôt qu'à l'abondance de ces arbres, qu'est dû le nom moderne de Morée, que cette contrée a reçu (1).
Dans le Péloponèse, comme dans l'Hellade, les peuples amenés par Témigration, ou développés au sein de la paix, se sont enfermés dans d'étroites limites, d'où leur ambition n'a jamais tenté de sortir. Lorsque la nature offre à la fois une défense contre les peuples voisins et un obstacle à l'expansion du dedans, il n'est pas étonnant que de petites nationalités se replient sur elles-mêmes, et demandent leur prospérité aux éléments qui sont à leur disposition.
Le Péloponèse comprenait : au nord, la Corinthie, qu'aucune limite naturelle ne séparait de laMégaride; la Sicyonie, dont la capitale était une des plus anciennes villes de la Grèce ; l'Acliaïe ou Egialée, dont le nom désigne dans Homère tous les combattants réunis devant Troie ;
Au centre, l'Argolide, dont la ville principale eut une grandeur bientôt éclipsée, et qui pouvait aspirer à la domination de la terre et à celle de la mer ; elle s'étendait vers le sud-est jusqu'au cap Scylœum. Argos, Tyrins, où Hercule commença ses travaux, Mycènes, étaient ses principales villes; elle renfermait Némée ; L'Arcadie, célèbre par ses pasteurs,
(1) Ce nom paraît pour la première fois vers ii30. Voir Nicétas, Histoire de Baudouin , chapitre I.