‹ Institutions de SparteChapitre 16 sur 242 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

qui n'a point de culture (1), et dont les poètes ont célébré les beautés naturelles, les lacs merveilleux, les rivières au cours capricieux, sans que les historiens aient pu raconter ses exploits; l'Arcadie, qui, seule des contrées du Péloponèse, n'avait point de communication avec la mer ; de son massif de montagnes s'élevait le Cyllène; elle avait de fraîches campagnes et une riche végétation, un peuple rude, aimant la liberté et l'argent. On trouvait en grande quantité sur diverses côtes le coquillage qui fournit la pourpre, comme à Tyr, à Nisyros, à Cos, h Syaros et à Mélibée de Magnésie; l'Élide tournée vers l'occident, et où la Grèce disputait, sur un sol fertile et rendu sacré par un accord unanime, cette noble palme

Qui nous fait les égaux des dieux maîtres du monde (^).

Enfin, au sud, la Laconie et laMessénie.

2. La Laconie est bornée au nord par l'Arcadie, qui forme comme une citadelle centrale, dont les étroits passages ne pouvaient être que difficilement franchis; à l'est , par la Cynurie , qui appartenait à FArgolide, et qui, longeant la mer, permettait de prendre à revers Sparte , avant qu'elle l'eût unie à son territoire ; à l'ouest, par la Messénie , dont la grande vallée était d'une rare fécondité et dont la côte appelait les navigateurs; au sud, par la mer de Myrtos et la mer Intérieure, qui forment deux golfes profonds.

Deux petites chaînes, continuation de celles qui

(1) Thucydide, i, 2, 3.

(2) Terrarum dominos evehit ad deos. Horace, Odes^ I, i .

enserrent TArcadie, descendent du nord au sud, et s'avancent jusque dans la mer, où elles projettent, comme une menace ou un appel, les deux promontoires de Malée et de Ténare.

Le Parnon, détaché de la chaîne centrale, va d'abord vers l'ouest, se rapproche ensuite du rivage, et le côtoie jusqu'au sud. Il formait un mur de défense après un rivage facilement accessible, mais où une flotte n'aurait pu trouver un abri, et où l'envahisseur se serait perdu dans les vastes marais qui mêlaient lentement à la mer les eaux paresseuses de l'Eurotas.

Sur les frontières de la Cynurie, à l'est, le Parnon a 1,989 mètres, et, à peu de distance de Sparte, au point où les deux chaînes se rapprochent, 1,549. Le sol s'abaisse inégalement vers la mer, où l'on ne trouve que quelques villes et de mauvais ports.

Le ïaygète se dirige de l'est à l'ouest, et, par un brusque retour, arrive au sud jusqu'à la mer, occupant de ses ramifications tout l'espace compris entre le golfe de Laconie et le golfe de Messénie. 11 a 1,632 mètres dans sa plus grande hauteur, et offre des pentes rudes et abruptes.

Ainsi, la Laconie, avant que la force des armes lui eût donné la Cynurie et la Messénie, était enfermée dans une ligne de montagnes qui, rendant les communications difficiles, contenaient son ardeur guerrière et lui assuraient une facile indépendance.

Le golfe de Laconie s'avance comme un coin dans l'intérieur des terres. Ses rivages , bas et marécageux, défendaient le pays aussi sûrement que les montagnes des autres côtés.

La principale région de la Laconie, la plus étendue

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