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CHAPITRE VI

Les repas publics.

1. C'est encore à Téducation que se rattache rinstitution des repas publics.

S'il faut en croire Platon, les Crétois avaient cet usage, ainsi que les Milésiens et les Béotiens. En Crète, ils étaient la cause ou la conséquence de la communauté des biens. A Athènes, ils faisaient partie d'une fête religieuse. Le premier jour des Apaturies, un banquet somptueux réunissait les membres de chacune des tribus (1).

Les OEnotriens d'Italie avaient aussi des repas publics.

« Il me semble, dit Platon (2), que ce qui a déterminé Minos à établir les repas en commun, c'est qu'il a remarqué que, chez tous les peuples, lorsque les troupes sont en campagne, le soin de leur propre sûreté les oblige à prendre leurs repas en commun, tout le temps que la guerre dure. »

Plutarque (3) considère l'institution des repas publics comme une des mesures les plus admirables de la législation de Sparte. Pausanias se contente de dire : « Vers le temple des Parques est l'édifice où les Lacédémoniens se réunissent pour les repas

(1) Xénophon, iîe/Zén., I.

(2) Lois, I.

(3) Lycurgue, 13.

nommés Phidities (1). » Il semble indiquer ainsi un édifice unique, dont il ne donne pas les dimensions. Si les repas publics étaient obligatoires pour tous les Spartiates remplissant certaines conditions, les édifices où l'on se réunissait devaient être nombreux et avoir une étendue considérable.

On peut supposer qu'il y avait, dans d'autres parties de la ville, non décrites, des édifices avec la même destination.

« On regarde en général, dit Aristote, rétablissement des repas comme parfaitement profitable à tout État bien constitué. . . . Mais il faut que tousles citoyens, sans exception, viennent y prendre place ; et c'est chose difficile que les pauvres, en y apportant le prix fixé par la loi , puissent en outre subvenir à tous les autres besoins de leur famille (2). »

Ces repas étaient-ils quotidiens ou réservés à certains jours. Tout le monde y participait-il? . S'il faut en croire Plutarque (3) , les repas publics furent institués pour combattre le luxe et déraciner l'amour des richesses. Le luxe ne se produit que chez un peuple arrivé à un certain développement de puissance et de fortune. Il n'est donc pas probable que ces repas soient anciens, s'ils ont été employés comme un remède à ce double mal social. Peut-être étaient-ils en usage dès les premiers temps , lorsque la cité ne paraissait encore que l'expansion de la famille primitive. L'inégalité les aurait fait abandonner. Le désir de ramener à l'égalité et les exi-

(1) Laconie, XI. ;

(2) Politique, IV, 9, 6.

(3) Lycuryue, 13.

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