CHAPITRE VII
éphores tendaient à amoindrir, pour le profit particulier de chacun de ces corps, c'est qu'ils descendaient des dieux, et leur servaient d'intermédiaires avec les hommes. On voyait en eux les Dioscures, Castor et PoUux, qui avaient présidé aux premiers actes de la vie de la cité.
Le père, dans la famille, remplit d'abord ce ministère sacré. Le roi le continua au nom de la cité ou de la nation, et ce droit, longtemps exclusif, marque essentiellement toutes les royautés antiques. Il Dans la ville, ils faisaient les sacrifices pour les ' fêtes solennelles, instituées en l'honneur des dieux, au commencement de l'année ou du mois, à certaines dates qui rappelaient des événements mémorables, dans les calamités publiques, avant la guerre ou le combat, après la victoire.
|||:: Ils étaient en communication constante avec Delphes, l'oracle cher aux Doriens, nommaient les magistrats chargés d*allerle consulter (1), recevaient ses conseils et ses ordres, interrogeaient les devins qui eurent toujours un grand crédit à Sparte, et ne pouvaient perdre leur caractère sacré.
Ce fut la protection la plus efficace de leur personne, jusqu'au moment où la foi aux dieux et le respect pour leurs descendants, eurent été entraînés par le débordement des vices, qui amène le scepticisme et l'incrédulité.
S'il faut en croire Plutarque, ce respect pour les rois de Sparte ne se serait pas borné à leur ville. « Les ennemis mêmes, dit-il (2), qui, dans les com-
(1) Hérodote, VI, 57.
(2) Agis,-2l,
bats, se trouvaient en présence des rois de Sparte, ne portaient pas facilement la main sur eux. Ils les évitaient plutôt, pénétrés de crainte et de respect pour la dignité de leur caractère. Aussi, dans le grand nombre de batailles livrées par les Lacédémoniens contre les Grecs, Cléombrote fut le seul de leurs rois, avant le règne de Philippe, qui périt à la bataille de Leuctres, d'un coup de javeline. »
Leur simplicité égalait celle de leurs sujets. Xénophon, dans le panégyrique d'Agésilas, en donne une preuve significative, bien que suspecte. « Qu'on essaie, dit-il, de voir Tameublement de sa maison ; qu'on songe à ses repas dans les sacrifices ; qu'on se rappelle comment sa fille se rendait à Amyclées, dans un chariot public. »
Agésilas régnait au moment où le luxe débordait à Sparte, de 400 à 361. Ou il voulait protester contre la corruption publique, ou Xénophon a fait dans ce traité une seconde édition de sa Cyropédie. Tout ce qu'il a écrit sur Sparte, devient suspect par cette tendance de son esprit et sa haine contre Athènes.
Il y avait d'autres généraux que les rois, mais leur pouvoir expirait au bout d'un an, et il ne pouvait être renouvelé, au moins immédiatement, tant Sparte redoutait les entraînements de l'ambition !
Un Spartiate ne pouvait être deux fois amiral. Après la bataille des Arginuses (406), Lysandre fut chargé Ju commandement de la flotte, à cause de la confiance qu'il inspirait, et de la difficulté de la situation; mais pour ne pas violer la loi, il n'eut pas le titre d'amiral.
Ce titre fut donné à un nommé Aracus. Lysandre