CHAPITRE VII
rompre leurs rangs, sans donner aucun signe de crainte, et allant d'un pas grave et d'un air joyeux, affronter les plus grands périls (l). »
Les jeunes recrues portaient les ordres aux énomotarques. Le roi désignait l'assiette du camp. Il envoyait des députations aux amis et aux ennemis, et confiait à ses officiers tout ce qui regardait la justice , l'argent, le butin, a Gela réglé, dit Xénophon (2), le roi n'a plus d'autre soin, envers les dieux, queles fonctions de prêtre; envers leshommes, que celles de général. »
D'après Hérodote, il recevait la peau et le dos ôntier des victimes qu'il immolait à la guerre. Chaque journée avait son sacrifice, en présence des polémarques, des lochages, des pentécostères, des chefs des troupes mercenaires, des skénophores présidant aux transports, de deux éphores.
La rigoureuse observation de tout ce qui était prescrit relativement aux dieux, s'imposait aux rois, et leur assurait le respect et l'obéissance. A la bataille de Platées, en 479, les Lacédémoniens restèrent longtemps immobiles, subissant le choc de l'ennemi, qu'ils ne repoussaient pas. Ils n'avaient pu obtenir de l'oracle des signes favorables.
Désespéré, le roi Pausanias supplia Héré, divinité peu populaire en Grèce, mais honorée à Sparte d'un culte particulier. Il dût à son intervention des présages favorables, et engagea le combat, qui fut suivi de la victoire.
Ainsi, la royauté était un sacerdoce héréditaire,
(1) Pluïàrque, Iî/c, 23.
(2) République de Sparte, ch. XiV.
un commandement militaire concentrés dans une famille, plutôt qu'une magistrature suprême. Sous ce double rapport, les rois sont souverains ; sous tous les autres, ils ont à compter avec un des pouvoirs institués à côté d'eux pour les contenir, les seconder ou les compléter.
4. Voici, d'après Xénophon(l), les principales des attributions des rois :
Ils sacrifient comme descendants d'un dieu, commandent l'armée, ont une part des victimes et une portion du territoire enlevé aux villes vaincues.
Ils prennent leur repas dans une salle publique, ont une double portion, peuvent avoir deux invités, et reçoivent un porc de chaque portée, « afin de ne jamais manquer de victime, s'il faut consulter les dieux (2). »
Tout le monde, excepté les éphores, se lève en présence des rois. Il y a, tous les mois, un serment solennel. « Le roi jure de régner conformément aux lois établies; la cité jure, tant que le roi sera fidèle à ses promesses, de conserver intacte la royauté (3). »
Le second serment est prêté par les éphores représentant la cité.
Le roi mort est pleuré dans toute la Laconie. Un homme et une femme libres prennent le deuil dans chaque maison. Mille hilotes et périèques doivent se rendre à Sparte, pour le louer et chanter ses exploits. « Les Lacédémoniens considèrent moins
(1) République de Sparte,
(2) Ch. xm.
(3) Ibid.