‹ Institutions de SparteChapitre 165 sur 242 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

espoir? » Ce respect des dieux s'accorde avec l'absence de toute doctrine religieuse propre à régler les mœurs. Il naît de la discipline qui gouvernait tout à Sparte.

Hérodote (1) dit que les rois offraient tous les sacrifices nationaux, et avaient, dans ce but, un porc de chaque portée.

Ils étaient arbitres de la guerre, car on avait compris que le succès ne pouvait être obtenu qu'à la condition de confier l'armée à ceux qui en connaissaient la force, et à qui un caractère sacré donnait pleine autorité.

(( Les rois portaient la guerre oii ils voulaient. Nul Spartiate ne pouvait s'y opposer, sous peine de devenir un objet de malédiction. Les rois allaient les premiers à l'ennemi, et faisaient retraite les derniers. Ils devaient conduire toutes les expéditions militaires (2). »

C'était à eux surtout que se rapportait ce mot d'un ancien roi cité par Plutarque (3) : <( Les Lacédémoniens ne demandaient pas en quel nombre étaient leurs ennemis, mais où ils étaient. »

On les voit cependant, soit par condescendance, soit par nécessité, obéir au pouvoir redoutable des éphores. « Dès qu'il vint à Agésilas, des magistrats de son pays, l'ordre de secourir sa patrie, il obéit avec autant de docilité que s'il se fût trouvé seul contre cinq, dans le conseil des éphores (4). »

(1) Hérodote, VI, 15.

(3) Agis et Ctêomêne, 27.

(4) Xénophon, Agésilas, I.

Quand le roi partait à la tête de Tarmée, « il était accompagné de ceux qui avaient été vainqueurs à un des grands jeux de la Grèce. (1). » C'était la récompense la plus précieuse qui pût leur être accordée. Là victoire aux luttes pacifiques donnait le droit de marcher au premier rang contre l'ennemi. Le poste le plus périlleux était le plus glorieux et le plus envié.

C'est avec raison que Cicéron a dit : « Une victoire à Olympie illustrait le vainqueur, autant que le consulat illustrait un Romain. »

5. Les rois orphelins avaient un tuteur que Ton appelait Proàicos (2).

^ C'était le plus proche parent du roi; celui qui, en cas de mort, lui aurait succédé. Les Spartiates comp-" talent sur la vertu.

Platon (3) considère ce pouvoir égal de deux rois comme favorable aux intérêts de Sparte. Il ne pouvait porter ombrage à l'oligarchie, maîtresse du pouvoir, et lui donnait une concentration et une activité sans lesquelles la cité, en proie aux factions, eût fait la guerre dans des conditions certaines d'infériorité.

« Un Dieu, je pense, par une providence particulière, prévoyant ce qui. devait arriver, a restreint chez vous l'autorité royale, en la partageant entre deux branches, sorties de la même tige. Ensuite, un honime, dans lequel était une vertu divine (4),

(1) Plutarque, Lyc, 23.

(2) Plutarque, Lyc, 3.

(3) Lois m.

(4) Lycurgue,

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