CHAPITRE VII
sentaient deux obés. Ils tenaient de leur naissance ce droit que les autres membres recevaient de l'élection.
Ils présidaient, le sénat, y votaient ou y faisaient voter pour eux, droit que ne paraissaient pas avoir les autres membres, et introduisaient les affaires en délibération. Leur influence ne pouvait être considérable sur ces vieillards qui n'avaient plus d'ambition, puisqu'ils étaient au terme de la vie et des honneurs.
Hérodote (1) parle du vote des rois dans le sénat. On croit qu'ils devaient être tous les deux présents, ou tous les deux absents» Un sénateur votait pour eux deux^ et avait par conséquent trois voix. On ne sait pas à quelles conditions était attaché ce privilège.
Ils possédaient de vastes domaines, et, des présents qui leur étaient faits à certaines occasions, ce qu'ils recevaient des sacrifices, la double portion qui leur était attribuée dans les repas publics, témoignaient du respect dont les particuliers et la cité entouraient les descendants d'Hercule.
Ils avaient même, s'il faut s'en rapporter à Platon (2), une espèce de liste civile. « Il est évident, dit-il, que les Lacédémoniens sont les plus riches des Grecs, et que le roi est le plus riche d'entre eux, car, outre ses revenus qui sont très nombreux et très considérables, le tribut royal que les Lacédémoniens lui paient, n'est pas modique. »
Les lots qui restaient sans héritiers leur revenaient, et ils en disposaient à leur gré.
(2) l^f Alcibîade.
Les rois présidaient aux adoptions dont Timportance était grande à cause des droits qu'elles conféraient. Ils jugeaient tout ce qui était relatif aux orphelins et à la famille.
La justice estrattribution nécessaire de la royauté.
Nous ne pouvons, en Tabsence de documents précis, indiquer dans quelle mesure, de quelle manière et jusqu'à quelle époque, elle fut rendue par les rois.
A leur mort, les femmes faisaient retentir des vases de cuivre (1), tous les Spartiates prenaient le deuil pour dix jours, les Laconiens et les Hilotes étaient convoqués pour leur rendre les honneurs funèbres, ils se meurtrissaient le visage en disant qu'il n'y avait pas eu de meilleur roi (2), et la douleur d'une famille devenait une douleur publique.
6. Le rôle des rois, borné à la guerre, donnait de la gloire; il paraît avoir été, en tout temps, sans influence sur l'état intérieur de la cité. Pausanias fut presque un conquérant en Asie, où il livra la Grèce au grand roi, qu'il avait vaincu à Platées (479). Agésilas s'empara d'une partie de l'Asie Mineure, et mourut après une expédition en Egypte. Agis III et Cléomène III essayèrent de réformer une ville dans laquelle ils ne retrouvaient plus les mœurs et la législation qui avaient fait sa force; mais ce sont des exceptions; et, dans cette longue suite de rois différents de caractère et de valeur, on trouve à peine quelques ambitieux.
Aristote, qui a pour l'aristocratie une préférence