‹ Institutions de SparteChapitre 169 sur 242 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

grande somme, s^il voulait mettre fin à la guerre, il répondit que Sparte seule pouvait faire la paix. (1).

Cependant, si les deux rois étaient d'accord pour un objet d'utilité publique, nul n^avait le droit de s'y opposer ("2).

Ainsi, tout est contradiction sur ce point comme sur tant d'autres de la constitution de Sparte. Ce qu'il y a de plus caractéristique, c'est la responsabilité des rois. Ni les éphores, ni le sénat, ni l'assemblée, n'étaient soumis à aucune peine. Seuls, les rois pouvaient être accusés et condamnés. Ils devaient leurs droits à l'hérédité, et leur pouvoir durait autant que leur vie. Il fallait se prémunir contre eux.

La guerre.

1. Sparte était faite pour la guerre. L'éducation à laquelle semble bornée la réforme de Lycurgue, 9,vait pour but de faire des soldats , de les fortifier par une rude discipline, et de mettre entre les mains des rois des instruments dociles pour la défense de l'autonomie et l'établissement d'une prépondérance durable.

Toutes les cités de la Grèce avaient donné une attention particulière à l'organisation de leurs forces militaires. Aucune n'avait pris des mesures plus rigoureuses et plus efficaces que Sparte,

(1) Plutarque, Apophthegmes des Lacédémoniens»

(2) Plutarque , Agis.

Elle se savait incapable d'inspirer la sympathie. Elle voulait se sauver, grandir et dominer par la force.

Lycurgue avait établi des divisions militaires distinctes des divisions civiles.

L'énomotie était le centre de cette organisation. C'était une petite troupe de vingt-cinq, de trente-deux ou de trente -six guerriers, commandée par un énomotarque.

Ces hommes étaient liés par un serment commun. Ils devaient agir ensemble, et, bien que toute armée dans l'antiquité, tirât sa supériorité de la valeur individuelle; cette solidarité devait rendre leur attaque redoutable et leur résistance tenace.

La pentékostie se composait de deux ou de quatre énomoties.

Le lokos était formé de deux ou de quatre pentékosties :

La mora renfermait quatre cents, cinq cents, six cents ou neuf cents hommes.

Ces divisions constituaient un tout redoutable par sa masse.

La cavalerie et l'infanterie formée par les hoplites, constituaient six mores. Chacune de ces mores avait un polémarque, quatre lochages, huit pentékoslies , seize énomotarques. Cette division militaire a été prise par quelques écrivains pour une division civile, et ils ont cru à six tribus.

Les mores étaient, pour la marche ou le combat, disposées en énomoties de une, trois, ou six colonnes. Les chefs étaient à la tête.

Xénophon (1), dans la revue et la marche, montre

(1) Anabase, II.

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