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CHAPITRE VII

en action toute l'organisation de Farmée lacédémonienne.

(( Les Lacédémoniens, dit-il siilleurs (1), portaient une casaque rouge et un bouclier d'airain. »

Le réformateur Cléomène arma ses soldats de longues piques à deux mains, au lieu de javelines; il fit porter le bouclier attaché à une anse, et non à une courroie. Plutarque nous apprend (2) que, de toutes les armées delà Grèce, c'était la seule qui n'eut pas à sa suite des mimes, des bateleurs, des ménétriers et des danseuses. Les jeunes gens s'exerçaient, les vieillards s'instruisaient, et tous cultivaient une plaisanterie fine.

Ce ne fut pas suffisant pour vaincre. A Sellasie, la victoire fut donnée à Antigone, malgré le courage des Lacédémoniens et des mercenaires, parla supériorité de l'armement et le poids de la phalange macédonienne. La réforme de Cléomène était trop récente et trop incomplète pour avoir porté ses fruits. Presque tous les mercenaires périrent, et de six mille Lacédémoniens il ne s'en sauva que deux cents (3).

Au développement individuel des forces, à la valeur personnelle se joignirent longtemps pour assurer la victoire, la discipline et la tactique. Plutarque peint ainsi le mouvement d'une troupe marchant au combat :

(( Les Lacédémoniens se tenant joints ensemble, avaient toujours les boucliers serrés, et tombant sur les ennemis, leur arrachent les boucliers, les frappent

(1) République de Sparte, II.

(2) Agis et Cléomène.

(3) Plutarque, Agis et Cléomène, 58.

à grands coups de pique sur le visage, et dans la poitrine, et en renversent un grand nombre qui opposaient une vigoureuse résistance (1). »

L'armée lacédémonienne était admirablement organisée, formant un tout étroitement lié, et qui ne laissait aucune prise à Fennemi. Elle servit de modèle à la phalange macédonienne.

A Platées , où elle a atteint le chiffre' le plus élevé, l'armée tout entière avait 110,000 hommes, sur lesquels on comptait 37,000 Hilotes (2).

Cette masse, s'ébranlant avec lenteur, marchant avec ordre, les piques en avant, ne laissant aucun vide, n'offrant aucune prise à l'ennemi, devait être irrésistible. La valeur lacédémonienne, agile et exercée, était surtout contenue, et si, comme l'a dit Montesquieu (3) « l'adresse n'est que la libre dispensation des forces que l'on a, » il est facile de comprendre que le courage impétueux et indiscipliné devait se briser contre ce mur d'airain, qui « savait réparer ses brèches (4), » et, par la souplesse, accroître sa force.

2. Le roi commandait en personne, et son autorité, soutenue par l'exemple, maintenait chacun dans le devoir. Les chefs étaient toujours à la tête des soldats, les premiers au péril, car, pour la retraite ou la fuite, elle n'était pas prévue, chaque Spartiate devant mourir plutôt que d'abandonner son rang.

Le dernier survivant des Thermopyles fut traité

(1) Plutarque, Aristide, 30.

(2) Hérodote, IX, 29.

(3) Considérations , ch. II.

(4) BossuET, oraison funèbre de Condé.

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