CHAPITRE VII
comme un lâche. Les soldats de Tîle Sphactérie ne furent réhabilités qu^en raison des circonstances, de leur longue captivité et du besoin que Ton avait de ne pas laisser diminuer encore le nombre des citoyens. Les fuyards de Leuctres ne furent sauvés que par le sommeil de la loi.
Les Lacédémoniens marchaient au combat au son des flûtes (1). Agésilas prétendait que l'on reconnaissait ainsi les poltrons, que la peur empêchait de marcher d'un pas mesuré. Le roi réglait tous les mouvements sur ceux des corps célestes. Il ne se mettait pas en marche avant la pleine lune, et devait toujours consulter les devins.
Le camp Spartiate était circulaire. Il paraissait ainsi plus propre à la défense (2). Celui des autres Grecs et des Romains était carré. La disposition ne variait pas, afin que chacun connut d'avance son poste, et sût ce qu'il avait à faire, où il devait courir en cas de danger. Il ne paraît pas qu'il fût défendu par des fortifications considérables. Les Lacédémoniens, qui n'avaient pas voulu protéger leur ville par des murs, devaient moins compter pour repousser l'ennemi en campagne, sur des fossés, des pieux et des tours, que sur leur vigilance et leur courage.
Toute défiance de leurs forces leur paraissait une injure ou un péril.
Aristote dit à ce sujet (3) : « Quant aux remparts, ceux qui n'en veulent point d'autres pour les cités que la valeur des habitants, sont dupes d'un vieux