CHAPITRE VII
palissades et des remparts. Ils reconnaissaient la supériorité des Athéniens dans ces guerres, et plusieurs fois ils recoururent à eux pour vaincre des résistances devant lesquelles ils ne rougissaient pas de se déclarer impuissants. Les longs sièges d'Ithôme et dira en fournissent la preuve.
Aussi , leur était-il défendu de s'engager dans ces ■entreprises. « On regardait à Sparte, comme un trépas sans gloire, la mort que les guerriers trouvaient dans une expédition semblable (1). »
3. Rien n'était laissé à Tiniliative du soldat. En temps de guerre, tout était réglé, parce qu'on croyait avoir tout prévu. C'était un désavantage considérable. Le nouveau étonnait le Spartiate; aussi, était-il, le plus souvent, incapable de ces décisions rapides, que les circonstances imposent, et dans lesquelles se révèle la supériorité des âmes maîtresses d'ellesmêmes, et habituées à chercher dans de soudaines illuminations, les solutions que la prudence n'a pu préparer.
Lorsque quelque chose était changé à la manière de faire la guerre, ils étaient troublés, et subissaient d'inévitables échecs. Dans la première guerre de Messénie, Aristodémos les attaqua directement par ses hoplites, et les fit harceler par des soldats légèrement armés. « Accablés de blessures et mis en désordre contre leur coutume, par ces troupes légères, les Laçédémoniens rompirent enfin leurs rangs , prirent la fuite, et furent maltraités (2). »
Les Romains s'effrayèrent à la vue des éléphants de
(1) Plutarque, Sylla.
2) PAUSANIA3, Messénie, ch. XII.
Pyrrhus, mais ils ne tardèrent pas à les voir sa»/:, étonnement et à les vaincre. Aussi exercés que le- Spartiates, ils tenaient moins obstinément à leur usages.
Lycurgue avait défendu de faire la guerre î: certains jours, et pendant la célébration des fête consacrées à honorer les dieux. Les Lacédémonien; dérogèrent cependant une fois à cet usage pieux. IL: devaient célébrer les hyacinthies. Ils laissèrent 1er Amycléens satisfaire à leur dévotion, et restèrent dans leur camp, convaincus que les dieux n'étaient point offensés, puisque ce qu'ils n'avaient pu faire eux-mêmes, avait été exécuté en leur nom.
Aristote explique leur supériorité dans les combat:» par ce seul fait : « Les Spartiates perfectionnèrent leur éducation gymnastique et leur discipline militaire à une époque où les autres Grecs négligeaient l'une et l'autre (1). »
Il leur reproche cependant de tendre exclusivement à développer une seule vertu, la valeur guerrière (2).
On ne faisait point une guerre sans la déclarer. On justifiait ainsi toutes les violences qui allaient être commises. « Des hérauts étaient envoyés aux peuples avec lesquels on allait être en guerre. Ils descendaienl de Talthybios, héraut d'Agamemnon, honoré d'un temple et d'un culte divin à Sparte (3). » Les hérauts étaient sacrés. Ils étaient plus souvent les messagers de la paix, et ce n'est qu'à regret qu'ils
(1) Politique, VIII, 3, 4.
(2) Politique, II, 6, 23.
(3) HÉRODOTE, Polymn, 134.