‹ Institutions de SparteChapitre 174 sur 242 · CHAPITRE VII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VII

déclaraient la guerre. « Ils portaient un bâton de' laurier ou d'olivier, autour duquel étaient enlacés, deux serpents têtes baissées en signe de paix et de concorde (1). »

Sparte, d'après Aristote, les choisissait ennemis Fun de l'autre, afin qu'ils ne fussent pas tentés de conspirer contre l'intérêt public.

Lycurgue leur avait recommandé certaines prescriptions auxquelles ils ne restèrent pas toujours fidèles, mais qu'ils n'oublièrent jamais entièrement.

Ils ne devaient pas faire longtemps la guerre au même peuple, afin de ne pas lui livrer le secret de leur force. ^

C'est en vertu du même principe, qu'ils ne devaient pas souffrir l'établissement d'étrangers dans leurs villes, ni voyager, Sparte vivait d'elle-même et pour elle-mêmé, ne cédant rien, n'empruntant rien.

Aristote dit à ce sujet (2) : « On assure que sous les premiers rois, pour éviter cet inconvénient (la diminution des citoyens) que de longues guerres devaient amener, on donna le droit de cité à des étrangers, et, que ce fait soit vrai ou inexact, peu importe : le mieux serait d'assurer la population guerrière de l'État, en rendant les fortunes égales. » Il est vrai, qu'à Sparte, les fortunes avaient cessé d'être égales, mais la diminution des citoyens tenait ^ i beaucoup d'autres causes.

11 leur était interdit de pousser l'ennemi trop loin. Ils auraient risqué de perdre l'ordre qui faisait leur force, et de réduire au désespoir des hommes à qui

(1) Pline, XXIX, 3. -

{2) Politique, ^lljÇ>y i'i, , ^ , ^ . I

il valait mieux, selon une expression proverbiale « faire un pont d'or. »

L'amour de l'argent était un vice que Lycurgue avait combattu par des moyens énergiques, et qui ne fut jamais complètement vaincu. Il venait de l'impossibilité où était le plus grand nombre de posséder une richesse immobilière. Quant aux possesseurs de fiefs inaliénables, s'ils étaient assurés de ce que réclamait leur existence, ils étaient privés de ce qui aurait pu leur donner les jouissances de l'abondance et du luxe.

L'homme succombe volontiers à l'attrait de ce qui lui est refusé.

Les premiers Spartiates dédaignèrent l'or qu'ils n'avaient pas, parce qu'il ne leur était pas nécessaire. Lorsque les besoins se furent accrus, on ambitionna ce qu'on avait dédaigné. Le contact avec l'Asie éveilla chez les Spartiates des appétits inconnus. Cette magnificence les étonna d'abord. Ils ne tardèrent pas à s'apercevoir que l'or qui donnait de riches habits, de belles armes, de splendides vêtements, des meubles luxueux, assurait aussi la jouissance de certains plaisirs.

C'était nouveau et attrayant. La nouveauté n'effraya pas les Spartiates, et l'attrait les vainquit. L'or entra à Sparte et il y fut souverain.

La guerre qui n'est, le plus souvent, dans l'antiquité, et même dans les temps modernes, qu'une occasion ou un moyen de s'assurer des richesses, devait offrir aux Spartiates une tentation redoutable.

Dépouiller l'ennemi sur le champ de bataille, piller le camp abandonné, c'était un danger. Un retour

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