‹ Institutions de SparteChapitre 18 sur 242 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

ses bords : cette reine du pays, sans murailles et sans portes, n'était défendue que par la bravoure de ses citoyens. Elle était au rang des villes les plus grandes ; mais malgré ses places publiques, son théâtre et ses temples, dont nous trouvons les noms dans Pausanias, elle n'était pas au rang des plus belles villes de la Grèce. »

On peut croire au cent municipes de l'antiquité, puisque dans les temps modernes, et malgré tant de dévastations , la Laconie a été relativement très peuplée.

Il résulte d'un mémoire de M. Berger de Xivrey (1), qu'une lettre de l'agent Chateaurenaud, écrite au duc de Nevers qui avait des vues sur laMorée (1663), y comptait cent vingt-cinq bourgs ou villages renfermant 4,913 feux. C'est un peu vague, sans doute, comme base d'appréciation pour la population, mais le nombre n'en est pas moins important à constater.

Le plus important de ces municipes, dans l'antiquité, était Gythium, le port et l'arsenal de Sparte. 11 défendait le golfe de Laconie à 30 stades de la cité de Lycurgue. Entouré de hautes et fortes murailles, il offrait aux flottes une rade excellente, où elles pouvaient se réparer et faire leurs approvisionnements. Après lui, venait Amyclée, qui lutta longtemps contre Sparte, et dont la population Achéenne ne recula que lentement devant les Dorions vainqueurs.

La fécondité de la terre, obtenue par un travail opiniâtre, a favorisé le développement de la population. Cependant, à l'époque de la guerre du Pélo-

(1) Académie des Belles-Lettres et Inscriptions, 1842.

ponèse, la Laconie, avec la Messénie, n'avait pas plus de 300,000 habitants (1). D'après Clinton (2), sa superficie était de 4,912 kilomètres carrés, c'est-àdire plus du double de celle de l'Attique, dont la population dépassait alors 500,000 habitants. Si l'on y joint la superficie de la Messénie, qui était de 2,998 kilomètres carrés, on arrive à la proportion, entre les deux contrées, de plus de 4 à 1. Avec une étendue égale à celle de ces deux états du Péloponèse, l'Attique aurait eu une population de plus de deux millions d'habitants.

3. La Messénie touche au nord à l'Elide et à l'Arcadie, dont elle est séparée par une chaîne qui se rattache au Taygète, et se continue par quelques pics isolés.

Au centre, s'élève, comme une forteresse, à 815 mètres, l'Ithôme que défendent des contreforts abruptes. Au nord, dans de moindres proportions, l'Ira offre le même aspect.

De nombreux torrents descendent de Tlthôme, et vont porter leurs eaux claires et peu abondantes à la mer Ionienne et au golfe de Messénie. Le plus important de ces fleuves est le Pamisos, aux rives capricieuses et parfumées; ses bords, comme ceux des rivières de la Laconie et de la Messénie, sont couverts de lauriers-roses, de myrtes et d'oliviers, qui tracent leurs cours sinueux, alors que les chaleurs d'un été brûlant ont tari leurs eaux.

Le sol est riche, le ciel doux, la température moins inégale que celle de la Laconie. Les souffles de

(1) Une autre évaluation les porte à près de 400,000.

(2) Fasti Hellenici,

Page 1