‹ Institutions de SparteChapitre 187 sur 242 · CHAPITRE VIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIII

à des intérêts divers, et aux aspirations de chacun des éléments qui constituaient les populations de la Laconie et de laMessénie. Le rôle du sénat était essentiellement pondérateur,

' Le sénat se composait de trente membres, en y comprenant les deux rois. Les autres étaient élus. Le suffrage des rois était double, au commencement, mais Thucydide dit (1) qu'il n'en était plus de même de son temps. .

Chacun des vingt-huit sénateurs représentait une obé, c'est-à-dire une des divisions des tribus qui occupaient la ville. Les deux rois étaient aussi les représentants de l'obé à laquelle ils appartenaient. A la mort d'un sénateur, l'élection de son successeur ne pouvait donc être faite que parmi les membres de la même obé, ayant plus de soixante ans, et remplissant certaines conditions de moralité, de courage et de services.

En choisissant chaque sénateur dans une obé , et en ne mettant pas en mouvement tout le corps des Spartiates à la mort de l'un d'eux, la loi restait fidèle à cet esprit de simplicité pratique qui est le trait distinclif des institutions lacédémoniennes, L'obé, d'ailleurs, devait être facilement mise en mouvement, puisqu'elle avait pour chef un géroacte ou navarque (2).

Voici, d'après Plutarque, comment se faisait 1 élection des membres du sénat (3) :

« Le peuple s'assemblait sur la place publique.

(2) HÉSTCHIDS.

^ (3) Lycurgue, iS. .

Des hommes choisis s'enfermaient dans une maison voisine, d'où ils ne pouvaient voir personne, ni être vus. Ils entendaient le bruit du peuple, qui, dans ces élections, comme dans toutes les autres affaires, donnait son suffrage par ses cris. Les compétiteurs n'étaient pas introduits tous à la fois dans l'assemblée; ils passaient l'un après l'autre, dans un grand silence, selon le rang que le sort leur avait assigné. Les électeurs, enfermés dans la maison voisine, marquaient à chaque fois, sur des tablettes, le degré du bruit qu'ils avaient entendu; et, comme ils ne pouvaient savoir pour quel candidat il avait été fait, ils écrivaient : pour le premier, pour le deuxième, pour le troisième, selon l'ordre où ils avaient paru devant l'assemblée. Celui qui avait eu les acclamations les plus fortes et les plus nombreuses, était déclaré sénateur.

Aussitôt, on le couronnait de fleurs, et il allait dans les temples rendre grâces aux dieux, suivi d'une foule de jeunes gens, qui lui donnaient les plus grands éloges, et d'une foule de femmes, qui chantaient des hymnes en son honneur, et le félicitaient sur les vertus qui avaient marqué sa vie. Chacun de ses parents lui offrait une collation, en lui disant : u La ville honore ta vertu par ce banquet. » Après les avoir tous visités, il se rendait à la salle des repas publics, où les choses se passaient selon la coutume : seulement, on lui servait deux portions. Il en mettait une de côté.

Après le repas, ses parentes étaient à la porte de la salle ; il appelait celle qu'il estimait le plus, et lui donnait la portion réservée, en lui disant qu'il l'avait

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