CHAPITRE VIII
mière, pour nous fournir des documents inattendus et précieux. Rien de pareil à Sparte, et nous sommes obligés de nous contenter de notions vagues ou générales.
Attributions du Sénat.
1. Nous savons que le pouvoir du sénat était politique et judiciaire (1). Nous comprenons ce que devait être le pouvoir politique s'étendant à la vie intérieure de la cité, à la paix, à la guerre, aux relations avec les autres Etats. Nous en soupçonnons rétendue et la portée, entre deux institutions parallèles, la royauté et l'éphorat.
Il n'en est pas ainsi du pouvoir judiciaire. Nous connaissons un certain nombre de lois générales de Sparte. Elles remontent pour la plupart à Lycurgue, et il semble qu'il n'y ait eu, après lui, qu'une inébranlable immobilité.
Ces lois, nous le savons, étaient peu nombreuses. On en demandait un jour la raison à Lycurgue : « Il n'en faut pas beaucoup, répondit-il aux personnes qui parlent peu (2). » Le rôle des juges était par conséquent aussi important que difficile.
Mais par qui ces lois étaient-elles appliquées? Quelle était la jurisprudence que les mœurs ou le
(1) Aristote, Polit. ^ II.
(2) Plutarque, Apophthegmes des Lacédémoniens,
temps avaientfaite? Quels étaient les organes de cette force sur laquelle reposent les Etats?
Les rois avaient une partie de ce pouvoir, le sénat une autre, et après eux, des magistrats étaient chargés de protéger les intérêts des citoyens, et de faire régner la justice là où Temploi de la force aurait paru plus simple et plus expéditif.
Il n'y avait pas de tribunal populaire. Ces tribunaux n'existent que dans les démocraties. Ce droit et ce soin incombaient donc à des magistrats.
Aristote contient à cet égard une simple indication : « Quelques constitutions, dit-il, ne reconnaissent pas de peuple.... Les fonctions de juge sont attribuées à des corps spéciaux, comme à Lacédémone, où les éphores se partagent toutes les affaires civiles, où les Gérontes connaissent des affaires de meurtre, et où les autres causes peuvent ressortir encore à différents tribunaux (1). »
Le sénat seul, pouvait prononcer la mort et l'infamie.
Seul, il recevait les accusations d'homicide et décidait la peine à appliquer. Il devenait alors cour criminelle, et c'était la plus importante de ses attributions.
Il délibérait sur les propositions à soumettre au peuple. Cette délibération devait s'arrêter à une rédaction définitive et complète, car le peuple à qui elle était soumise, ne pouvait que Taccepter ou la rejeter.
Le sénat partageait avec les rois l'initiative des lois.
(1) Politique, m, 1, 7.