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CHAPITRE IX

produit peu de temps après, sous l'éphore Astéropos. L'éphore contrôle les actes de la royauté, exerce en fait de législation une initiative indépendante, et domine tout par une volonté sans contrôle.

En 560, sous Ghilon, Taudace habile de quelques archontes et les services qu'ils rendent, les placent, sinon en droit, du moins en fait, au-dessus de la royauté.

Polybe dit(I) que les rois étaient subordonnés aux éphores, « qu'ils devaient respecter comme leurs pères. »

Cornélius Népos racontant que Thémistocle se rendit à Sparte vers les éphores, ajoute «qu'ils avaient le pouvoir souverain (2). » C'est d'ailleurs à eux plutôt qu'aux rois qu'un banni devait aller. Il était sûr d'un accueil favorable.

Conseillers et aides, au début, ils devinrent surveillants et finirent par vouloir être maîtres.

Tout le monde devait rester debout devant les rois. Les éphores pouvaient s'asseoir.

Quand les éphores envoyaient dire à un roi de se présenter devant eux, il pouvait s'y refuser deux fois ; à la troisième invitation, il devait obéir.

Les éphores avaient un moyen de retenir les rois dans le devoir. Il leur suffisait d'observer le ciel.

« Voici, dit Plutarque (3), comment se fait cette observation. Tous les neuf ans , les éphores choisissent une nuit très claire, mais sans lune ; assis dans un lieu découvert, ils observent le ciel en silence.

(1) XXIY, 8.

(2) Pênes quos summum erat imperium. (Thémistocle, 7.)

(3) Agis et Cléomène, 12.

S'ils voient une étoile traverser le ciel d'un côté à l'autre, ils jugent que leurs rois se sont rendus coupables de quelque grand crime envers la divinité, et ils les suspendent de la royauté, jusqu'à ce qu'il soit venu de Delphes ou d'Olympie, un oracle qui leur en fasse rendre l'exercice. »

Les rois devinrent responsables de leur conduite politique et de leurs actes militaires. Ni le sénat, ni l'assemblée n'avaient d'autorité directe sur eux. Les éphores purent les accuser, les arrêter, et, sans les juger, demander contre eux une peine.

(( On n'a qu'à jeter les yeux sur Lacédémone, dit Montesquieu (1) , on verra comment les éphores surent mortifier les faiblesses des rois, celles des grands et celles du peuple. »

Ils arrêtaient les rois au milieu de leurs expéditions ; et rappelé par eux, Âgésilas dût plusieurs fois renoncer à de glorieuses entreprises (2). Ils condamnèrent même ce roi à qui l'on accorde à la fois le génie militaire et une grande influence morale, (( parce qu'il s'appropriait les cœurs des citoyens, qui devaient être à tous (3). »

Et cependant on ne croyaitpas que le pouvoir essentiel de la royauté enfutatteint, ce Lorsque le premier Théopompos, dit Valère Maxime (4), eut créé les éphores qui devaient être opposés au pouvoir royal, comme à Rome les Tribuns l'étaient au pouvoir consulaire, son épouse lui dit qu'en agissant ainsi il laisserait à

(1) Esprit, \, 8.

(2) Voir Xénophon, Agésilas, 2, Plutarque, passîm.

(3) Plutarque, Agésilas, 4.

(4) IV, ch. 1, in fine.

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