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CHAPITRE IX

ses enfants une puissance inférieure à celle qu'il avait reçue. C'est vrai, dit-il, mais elle sera plus durable.

Il avait raison. Ce pouvoir est sûr, qui s'impose à lui-même des bornes. Aussi, Théopompos en restreignant son pouvoir, par des liens légitimes, s'éloigna de la licence, et se concilia de plus près la bienveillance de ses concitoyens. »

Ce généreux désintéressement ne profita pas cependant à la royauté.

On sait ce que devient l'autorité suprême, dès qu'elle est obligée de comparaître devant ceux à qui elle doit commander. Les éphores tenaient les rois à leur disposition, et le peuple, dont les susceptibilités s'éveillent facilement, perdait la notion de leur dignité et de leur autorité. Comment n'auraient-ils pas cru tout-puissants ceux qui régentaient les rois?

Lorsque le roi Pausanias, après de mémorables exploits et des expéditions aventureuses, dans lesquelles il montra ce que pouvaient la valeur Lacédémonienne et l'or des Perses, eut été rappelé à Sparte, les éphores l'accusèrent de trahison-. Il dût chercher un asile sacré, d'où il fut retiré mourant afin que la sainteté du lieu ne fut pas violée (467).

« Les rois juraient, tous les mois, qu'ils exerceraient leurs fonctions conformément aux lois établies, et les éphores, au nom de la cité, juraient qu'à cette condition, leur autorité serait inébranlable (1).

Cette garantie, donnée par les éphores au peuple, dont ils prenaient en main les intérêts et la défense, leuf assurait un rôle prépondérant.

{!) JMovROiif République de Sparte»

Est-il étonnant qu'ils aient, en toute occasion, cherché sinon à manifester une hostilité ouverte, du moins à prendre l'attitude menaçante d'un pouvoir sûr de lui-même, et disposé à user de tous ses droits?

3. Thucydide (1), dans une série de discours tenus à Sparte, devant l'assemblée des alliés, a exposé les griefs des divers peuples contre les Athéniens, et énuméré les causes secrètes ou publiques de la guerre du Péloponèse. Les Athéniens se défendaient contre les griefs soulevés, et le roi de Sparte, Archidamos, exhortait ses concitoyens à éviter une guerre dont il signalait lesdangers.L'éphore Sthénélaïdas lui répondit avec cette éloquence nerveuse à laquelle la Laconie a donné son nom. Il excita contre un langage inspiré par la sagesse et un dévouement éclairé aux intérêts de son pays, les passions de la multitude, et conclut en ces termes : « Ne permettez pas que les Athéniensdeviennent les plus puissants, etne trahissonspas nos alliés, mais avec la protection des dieux, marchons contre un peuple injuste. » Ce fut assez et le conseil patriotique du roi succomba sous l'excitation haineuse de l'éphore.

Il résulte d'un certain nombre d'indications fournies par Xénophon (2) et Plutarque (3), que les éphores auraient eu également sous leur direction la police de la ville, ce qui est parfaitement d'accord avec leur rôle auprès des rois dans les expéditions, et auprès de l'armée. La police touche à tout, et ces attributions mêlaient les éphores à tous les actes de la vie

(1) Livre 1er 68 et suivants

(2) République de Sparte, 4.

(3) Mœurs des Laeédémoniens,

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