CHAPITRE IX
les alliés à contribuer aux charges publiques.
L'impôt fut d'abord égal sur les lots des Spartiates, il fut proportionnel à la valeur des autres propriétés. A mesure qu'il s'accrut, il fut plus inégalement réparti, les riches pesant sur les pauvres, et les citoyens sur les périèques.
La Messénie fournissait avec son contingent de troupes, la plus grande partie de son revenu. La rançon des prisonniers, — deux cents drachmes d'Égine (1) — entrait dans le trésor. Les dépouilles de l'ennemi étaient vendues publiquement.
Il faut joindre à ces revenus incertains l'or par lequel la Perse payait les complaisances de Sparte. Pendant la guerre du Péloponèse, Sparte reçut en subsides, du grand Roi, plus de cinq mille talents (2).
Le trésor public fut d'abord confié aux Arcadiens qui y puisèrent, ensuite à Delphes, et enfin laissé à Sparte, sous la surveillance des éphores.
Ce trésor ne fut jamais bien administré.
Sparte n'en comprenait pas l'importance, ou du moins elle ne lui attribua jamais celle dont témoignait la sollicitude des Athéniens. La législation de Lycurgue annihilait le citoyen au profit de l'État. Les mœurs firent d'abord dédaigner l'or, elles le firent ensuite rechercher, non pour les besoins de l'État, mais pour la satisfaction des plaisirs et du luxe.
On demandait à Anaxandre, fils d'Euricrate, pourquoi les Spartiates n'avaient pas de trésor public, a C'est, dit-il, de peur que ceux que l'on préposerait
(1) La drachme valait 0,65.