‹ Institutions de SparteChapitre 204 sur 242 · ISOCRATE · texte numérisé non relu

ISOCRATE

à sa garde ne se laissassent corrompre (1). »

(( Dans un État bien constitué, dit Aristote (2), les citoyens ne doivent pas avoir à s'occuper des premières nécessités de la vie ; c'est an point que tout le monde accorde. » Ainsi fut créée l'orgueilleuse oisivité du Spartiate. Il ne demanda pas la richesse au travail. Il la rechercha par les héritages, la guerre, les mariages, les rançons, les libéralités des villes et des particuliers, les subsides de la Perse.

Et pendant que chacun songeait à soi, nul ne s'occupait des intérêts généraux. La longueur des guerres, l'éloignement des lieux où elles se faisaient, imposaient cependant de grands sacrifices à l'Etat.

Aristote constate cette faiblesse de la Constitution ou plutôt des mœurs de Sparte. « Tout ce qui concerne les finances publiques, dit-il (3), est très défectueux dans ce gouvernement. Quoique exposé à soutenir des guerres fort dispendieuses, l'État n'a pas de trésor ; et de plus, les contributions publiques sont à peu près nulles. Comme le sol presque tout entier appartient aux Spartiates, ils mettent entre eux peu d'empressement à faire rentrer les impôts. Le législateur s'est ici complètement mépris sur l'intérêt général ; il a rendu l'État fort pauvre et les particuliers démesurément avides. »

Le fait est vrai ; mais c'est aux mœurs, non à la législation, qu'il faut en faire remonter la responsabilité.

(1) Plutarque, Ajjophthegmes des Lacédémoniens.

(2) Politique, II, 6, 2.

(3) Politique, \\, 6, 24.

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