CHAPITRE IX
doros et Théopompos, jusqu'à la réduction de la Grèce en province romaine.
Ils étaient renouvelés tous les ans. Nous ne connaissons ni les conditions, ni le mode de cette élection.
Il semble vraisemblable que l'assemblée des citoyens tout entière, dût former le corps électoral. Le nombre des éphores ne correspond ni aux tribus, ni aux obés, qui étaient des divisions civiles, ni aux loches, ni aux mores qui étaient des divisions militaires. Ceux qui croient à l'existence de cinq tribus voient dans le nombre des éphores la confirmation de leur opinion.
D'un autre côté, l'immense pouvoir attribué aux éphores, ou plutôt successivement conquis par eux, devait avoir l'assentiment ou la consécration de la la cité tout entière. Gomment tous se seraient-ils soumis à ceux que quelques-uns seulement auraient choisis? La royauté tire son pouvoir de l'hérédité. Les magistrats élus doivent sortir de la source la plus large et la plus abondante. Leur autorité semble mesurée au nombre de ceux qui les nomment.
Aristote (1) dit que l'élection se faisait d'une manière puérile : « S'il convenait, dit-il, de remettre au suffrage universel le choix des éphores, il aurait fallu aussi trouver un mode d'élection moins puéril que le mode actuel. » Gette appréciation est juste, mais elle ne nous éclaire pas sur le mode adopté.
Dans un autre endroit, il appelle le choix despotique (2). Il n'y a pas contradiction entre ces deux
(1) Politique, II, 6, 16.
(2) Al'p£(7iç ôuvaaTeyTtxYi.
termes. Seulement ils ne nous apprennent rien sur ce que nous voudrions savoir.
Barthélémy-Saint-Hilaire croit qu'ils étaient choisis comme les sénateurs, à la suite d'une acclamation populaire, appréciée par quelques vieillards. C'est possible, et quand on considère l'esprit peu inventif des Spartiates, on ne s'en étonne pas. Mais ce n'est qu'une supposition.
Schœmann (1) croit que le procédé employé était une espèce de tirage au sort. Il serait singulier de voir le procédé cher à la démocratie Athénienne adopté par l'aristocratie Spartiate. Si le sort eut quelque part à la désignation des éphores, ce ne fut que tard ; ni Lycurgue, ni les rois, ni le sénat, ni le peuple des premiers temps, ne devaient avoir confiance en ce procédé.
Aristote dit (2) : qu'ils « étaient tirés des classes obscures, » et il les oppose aux cent quatre, de Carthage, pris « parmi les hommes les plus vertueux. »
Il faut en conclure qu'ils appartenaient indistinctement à toutes les classes de citoyens.
Tout doit être mystérieux dans l'origine, la création et l'action de cette redoutable magistrature.
2. Les éphores correspondaient avec les généraux placés à la tête de l'armée.
Ils avaient deux bâtons d'égale longueur, appelés scytales. Ils en gardaient un, et remettaient l'autre au général (3).
(1) Antiquitates iuris puhlici Grœcorum, YI, 12. m II, 8, 2.
(3) Voir XÉNOPHON; République de Sparte, ch.