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CHAPITRE X

pas considérablement dans la suite, malgré les changements inévitables que le temps entraîne avec lui. L'absence du commerce, le peu de relations extérieures, le nombre restreint des citoyens permettaient de s'en tenir à ce qui avait été anciennement édicté. Tacite attribue aux malheurs de la république l'augmentation du nombre des lois (1).

Peu nombreuses à Sparte dans les premiers temps, elles augmentèrent ensuite, sans atteindre pourtant jamais à l'excès dont Rome souffrit. Voici les principales :

Les lois religieuses ordonnaient des sacrifices de peu de valeur, des prières courtes, graves et dignes; elles réglaient tout ce qui était relatif aux funérailles et aux honneurs à rendre aux morts ; elles fixaient le terme du deuil, la simplicité des tombeaux et la modestie des inscriptions.

Les lois relatives au sol établissaient une égalité parfaite, défendaient la vente et l'achat, et n'admettaient l'étranger qu'à condition qu'il deviendrait Laconien.

Sparte ne pouvait avoir de murs, parce qu'il ne fallait pas offrir une tentation au despotisme, ni permettre au courage de compter sur autre chose que sur lui-même. Ce que Lycurgue avait dit à cet égard, Agésilas le répéta une première fois d'une manière générale : « les villes ne doivent pas avoir pour défense des pierres et du bois, mais la valeur des habitants; » une seconde, en montrant les citoyens armés : « Voilà les murailles de Lacédémone (2). »

(1) Et corruplissima republica plurimae leges. (Annales, HI, 27.)

(2) Plutarque, Apophthegmes des Lacédémoniens»

Des lois réglaient le nombre des citoyens, qui ne devaient pas dépasser celui des lots. On envoyait l'excédant fonder des colonies.

L'éducation des enfants était commune et se continuait toute la vie. Un étranger ne pouvait faire une longue résidence à Sparte, et le Spartiate ne devait pas quitter la ville.

NqI ne pouvait remplir un emploi s'il n'avait par naissance, par adoption, ou par reconnaissance, reçu le titre de citoyen.

Le célibat était infâme. On ne pouvait se marier avant l'époque fixée par la loi. L'Etat récompensait la famille composée de trois ou de quatre enfants. Le citoyen ne pouvait avoir qu'une femme, mais le prétendu intérêt de l'État déterminait à des compromis auxquels par suite de l'habitude de subordonner tout à l'intérêt général, la femme se prêtait sans souci de sa dignité et de sa pudeur.

On habituait l'enfanta ne manger qu'autant qu'il le fallait pour soutenir sa vie, et la tempérance fut, de tous temps, regardée comme une vertu Spartiate. L'opinion, plus que la loi, condamnait les excès.

Les vêtements étaient simples, grossiers, et tous les ornements du luxe interdits aux femmes honnêtes devenaient une flétrissure pour celles qui les recherchaient.

Il fallait obéir aux supérieurs, respecter les vieillards, regarder la loi comme souveraine, être modeste en tout, de cette modestie qui est, avec la conscience de sa force, la volonté de n'en pas abuser.

<( Ils ne s'instruisaient dans les lettres, que selon leurs besoins. Pour toutes les autres sciences, ils les

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