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CHAPITRE X

avaient bannies de leur ville, aussi bien que les étrangers qui les professaient. Toute leur éducation 'consistait à savoir bien obéir, supporter les travaux, se vaincre, ou mourir en combattant (1). » Ils ne dédaignaient pas les arts, mais ne les cultivaient pas euxmêmes. Leur éloquence consistait à ne dire que ce qui était nécessaire et à l'exprimer en aussi peu de termes que possible. Ils ne devaient rien envier aux étrangers.

Les exercices étaient communs aux garçons et aux filles. Ils avaient pour but le développement de la force et de la souplesse du corps. Tous les jeux rappelaient la guerre et la préparaient.

Le fer fut longtemps la seule monnaie de Sparte. On ne pouvait rien recevoir en don de l'étranger. Lorsque Tor eut pénétré à Sparte, il y fut souverain. Si les Laconiens le demandèrent à l'industrie et au commerce, les Spartiates ne rougirent pas de le recevoir comme prix de la valeur, ou de leur politique.

Jusqu'à trente ans on ne paraissait devant la justice que par procureur (2). On ne pouvait parler dans l'assemblée que si la vie et les mœurs étaient pures. Aimer les procès c'était encourir le mépris public.

La guerre était l'unique occupation du Spartiate.

On observait religieusement en campagne toutes les prescriptions relatives au culte, et tous les soirs, après le repas, on chantait des hymnes en Thonneur des dieux (3) . Les archagètes ou le général sacrifiaient

(1) Plutarque, Âpophthegmes des Lacédémoniens.

(2) PluïARQUE, Lycurgue.

(3) XÉNGPHON, République de Sparte.

aux Muses. On demandait à Eudamidas, roi de Sparte, la raison de cette coutume. « C'est, répondit-il, afin que nos exploits soient dignement célébrés (1). »

Ils n'offraient pas cependant aux dieux lesdépouilles des ennemis. C'est, dit Cléomène, fils d'Anaxandridas, parce qu'elles ont été prises sur des lâches, et qu'il ne convient pas de mettre sous les yeux de notre jeunesse, de pareilles dépouilles, ni de les offrir aux dieux (2).

Arès recevait un bœuf de celui qui triomphait d'un ennemi par un stratagème ; un coq, quand il avait raison de lui par la force (3).

Lorsque l'armée était en marche, un jeune soldat prenait sur l'autel un tison enflammé et le portait à la tête des troupes, jusqu'à la frontière de Laconie, où l'on offrait aux dieux un nouveau sacrifice (4).

Ainsi, jusque dans ce triomphe de la force, c'était aux dieux que tout se rapportait.

Les jugements â Sparte étaient publics ou privés.

Le sénat prononçait dans les premières causes, les éphores dans les secondes.

L'examen était long et sérieux. Tout accusé était réputé coupable. Il devait se défendre lui-même. Les preuves apportées pour ou contre étaient orales ou écrites.

On accordait des honneurs pendant la vie ou après la mort.

Les premiers étaient : le surnom de divin, la nomi-

(1) Plutarque, Apopht flegmes des Lacédémoniens,

(2) Plutarque, id. id.

(3) Plutarque, id. id.

(4) Xénophon, République de Sparte,

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