CHAPITRE X
nation au sénat, la première place dans les assemblées, le témoignage de respect rendu par le peuple se levant spontanément, les bandelettes réservées aux vainqueurs dans les jeux de la cité, la couronne d'olivier pour une conduite irréprochable.
Les honneurs après la mort étaient une statue élevée sur la place publique, un monument funéraire, des temples, des fêtes.
On infligeait aux criminels une amende pécuniaire, on leur imposait un collier de bois; l'emprisonnement, l'infamie, le bannissement, étaient des peines plus graves que la mort. On étranglait les malfaiteurs pendant la nuit, dans la prison.
Il faut remarquer que ces lois sont plutôt morales que pénales. Tel avait été, du reste, le caractère de la réforme de Lycurgue. Il voulait moins réprimer que discipliner. Il aurait eu raison s'il était possible de compter sur la durée de l'influence morale, et si l'homme n'avait pas besoin d'être maintenu ou ramené par la peine.
Les rois, le sénat, les éphores, l'assemblée, participaient à cette grande œuvre de préservation morale et de châtiments nécessaires pour le rétablissement de l'ordre troublé.
3. La petite assemblée, qui se tenait tous les mois, à la pleine lune, élisait les magistrats.
Elle devait cependant avoir une juridiction plus étendue. Xénophon (l) dit, à l'occasion de la conspiration de Cinadon, que les éphores, pour la combattre effectivement, ne perdirent pas le temps à convoquer « ce qu'on appelle la petite assemblée. »
(1) Hist. gr.,l\\, 2.
Peut-être, dans des cas exceptionnels, lorsque le danger était pressant, les éphores appuyaient-ils leur pouvoir sur une réunion rapidement convoquée, et sans qu'il fut tenu compte des formalités ordinaires.
Quel que fut leur pouvoir, ils ne devaient pas négliger l'appui de l'opinion publique.
Les écrivains de l'antiquité, tous étrangers à Sparte, nous ont transmis peu de renseignements sur le nom et les attributions de ces magistrats. Pendant qu'Athènes a laissé dans l'histoire et dans les inscriptions le nom de ses magistratures les plus insignifiantes, Sparte semble avoir enseveli dans l'ombre presque tout ce qui servait à sa vie intérieure.
Voici cependant quelques indications recueillies de divers côtés.
Plutarque et Xénophon, qui entrent dans les plus petits détails sur Sparte, ne nous ont pas transmis le nom de ses magistrats. Pausanias (1) met les bidiéens et les nomophylaques à côté des éphores. L'abbé Fourmont (2) prétend avoir trouvé ces noms à Amyclées, sur des tables de marbre. Mais ces inscriptions n'ont pu être contrôlées, et l'on a de bonnes raisons pour les récuser. Il faut donc s'en tenir à des témoignages indirects, et pour la plupart, postérieurs à la grande époque de la puissance Spartiate.
Les bidiéens, indépendamment de la présidence des jeux du plataniste, avaient le jugement des contestations entre éphèbes.
(1) Laconie, II.
(2) Mémoires de r Académie des inscriptions et belles-lettres,
XVe vol.