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CHAPITRE X

Rôle des assemblées.

1. Pendant longtemps l'assemblée ne discutait pas les décisions qui lui venaient du sénat. Elles étaient indivisibles, et il fallait les accepter ou les rejeter en entier.

Il est possible, sans doute, d'améliorer une loi et de la compléter par des amendements, même quand elle a été préparée et formulée par les intelligences les plus éclairées et par le bon sens le plus pratique. Mais cette amélioration est le frait d'une étude calme et sérieuse. Une assemblée nombreuse et agitée par des passions diverses, est incapable de ce travail.

Toute assemblée se range à l'opinion d'un orateur ou d'un homme d'Etat, de celui qui paraît répondre le plus complètement à ses vues et protéger le mieux ses intérêts ; mais combien de propositions irréfléchies, et pourtant séduisantes, peuvent se produire inopinément et être imprudemment acceptées ! Combien d'amendements dont on ne soupçonne pas d'abord toute la portée, peuvent détruire l'économie d'une loi, et, par conséquent, obliger à recommencer ce qui a été laborieusement élevé, ou laisser en présence des mesures et des prescriptions contradictoires I

Il était donc sage, et le bon sens des législateurs Spartiates ne s'y était pas trompé, de prévenir ces anomalies et ces erreurs.

On crut y arriver par rinterdiction de la discussion, et par l'acceptation absolue ou le rejet intégral de la proposition.

Mais ce vote d'ensemble ne dut être imposé qu'après un exercice plus ou moins long du droit de la parole et la constation des abus qu'il entraîna.

Il ne faut pas oublier, d'ailleurs, que le peuple, eut-il l'intelligence ouverte, comme celui d'Athènes, est incapable de saisir autre chose que les lignes générales, les prescriptions les plus importantes d'une loi. Le tumulte d'une assemblée, les luttes des partis, les orages de la parole publique ne se prêtent pas à la recherche de ces délicatesses par lesquelles on atténue ou l'on complète les larges formules.

La législation avait donc donné au peuple Spartiate ce qui lui revenait. Du reste, les lois peu nombreuses qu'il y avait à faire ou les décisions importantes que l'on devait prendre, avaient été discutées et résolues par les gérontes. Si le grand nombre, quelquefois passionné , donnait la sanction , des hommes expérimentés avaient réuni tous les éléments d'information et formulé le projet. L'adhésion du peuple était assurée à moins que la parole d^un éphore ambitieux portât le trouble dans les esprits et la discorde dans l'Etat.

2. Dans la période féodale de la Grèce, le peuple était convoqué, les chefs l'instruisaient de ce qu'ils avaient résolu et lui demandaient son adhésion. Quelques-uns délibéraient, tous étaient appelés à sanctionner ce qui avait été résolu. On pratiquait ainsi aux premiers temps ce que l'expérience imposa plus tard.

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