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CHAPITRE X

Au premier chant de VIliade, Achille ému des maux que souffrent les Grecs, convoque l'assemblée sous l'inspiration de Héré. « Consultons, dit-il, un augure ou un sacrificateur, ou même un interprète des songes, car les songes sont quelquefois envoyés par Zeus; qu'il nous apprenne la cause du terrible courroux d'Apollon (1). »

Calchas révèle cette cause, et demande que Ghryséis soit rendue à son père.

Agamemnon prend les Grecs à témoin qu'on le prive du prix de sa valeur. Il échange avec Achille de dures paroles et de sanglants outrages. Nestor fait entendre le langage de la conciliation, mais Achille n'écoute que sa colère , et après les plus violents débats, les rois se lèvent et rompent l'assemblée.

Quelque intéressés qu'ils soient à cette querelle et à ses suites, les Grecs qui en sont témoins, n'interviennent pas.

Au second chant, à la suite d'un songe trompeur, Agamemnon ordonne à ses hérauts de convoquer l'assemblée.

Il expose d'abord son projet au conseil des chefs, et, lorsque les rois « décorés du sceptre » se sont levés, « la multitude s'assemble, il se fait un grand tumulte, les guerriers s'asseyent, et, sous eux, la terre pousse de longs mugissements. »

Agamemnon propose de retourner en Grèce. Les Grecs se hâtent d'obéir et courent vers leurs vaisseaux. « Ils s'exhortent mutuellement à saisir leurs navires et à les lancer à la mer. » Mais, sous l'inspi- (1) Chant 1er,

ration d'Athéna, Ulysse relient par la persuasion les chefs illustres, et, « s'il aperçoit quelque guerrier obscur encourageant d'une voix bruyante ses compagnons à fuir, il le frappe du sceptre, et le réprime d'un ton sévère : « Malheureux, arrête, écoute la voix de tes chefs, toi qui es sans force et sans courage, et qui n'as aucun rang, ni dans les combats, ni dans les conseils. Nous ne pouvons pas tous commander ici ; il est dangereux qu'il y ait tant de maîtres. îl faut qu'il y ait un sôul chef, un seul roi, auquel le fils de Chronos a remis le sceptre et les lois, fondements de la puissance souveraine. »

Et les Grecs se précipitent vers le lieu de l'assemblée. Ils sont tous rangés et assis. Un vil harangueur, difforme, louche et boiteux, le type de ceux qui, obéissant aux plus misérables instincts, troublent les assemblées et égarent les foules, se répand en propos outrageants contre Agamemnon. « Les Grecs, dit Homère, étaient irrités contre ce chef au fond de leur cœur, » et certainement ils applaudissaient à l'audace de Thersite, lorsque Ulysse lui reproche durement ses paroles et le frappe de son sceptre d'or. (( A l'instant, s'élève sur son dos une tumeur ensanglantée. Il s'assied et tremble; saisi de douleur, offrant un visage hideux, il essuyait ses larmes. Un rire universel éclate parmi les Grecs, malgré la tristesse qu'ils éprouvaient encore. Ciell disaient-ils en se regardant l'un l'autre, Ulysse s'est distingué en mille circonstances célèbres, en ouvrant d'utiles avis, ou en dirigeant les combats ; mais dans ce jour, il mérite la plus grande gloire, pour avoir imposé silence à ce harangueur, dont la langue effrénée se-

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