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CHAPITRE II

Les Achéens se rattachent aux Eoliens par une origine commune. Ils forment un des rameaux de la même tige. Descendus de l'Othrys et de TOEta, ils se mêlèrent à ceux qui occupaient déjà le pays.

Bellérophon et Persée sont les deux héros des Achéens.

Bellérophon appartient par sa naissance au Péloponèse ; mais sa vie et ses exploits ont un autre théâtre. Fils du roi de Corinthe^ meurtrier involontaire de son frère, il est reçu à la cour du roi d'Argos. La reine Sthénobée dont il repousse la criminelle passion, le fait envoyer en Lycie, chez lobate, avec un message secret. Le roi, qui n'ose le faire périr, le charge de combattre la Chimère, les Solymes et les Amazones. Mais Athéna, dont la faveur embrasse toute la Grèce, a donné à son favori le cheval Pégase, qui le rend vainqueur.

Sûr de son innocence, lobate lui fait épouser une de ses filles et lui laisse le trône ; mais sa victoire sur des monstres et des hommes lui inspira un coupable orgueil; il voulut escalader le ciel, et Zeus le frappa de la foudre.

Persée est fils de Zeus et de Danaé. Il fut le meurtrier heureux des trois Gorgones, Sthéno, Earyale, Méduse, et fonda Mycènes en 1430. Ses successeurs gardèrent longtemps le pouvoir, et formèrent la dynastie des Persides , à laquelle appartenait le héros, le demi-dieu Hercule.

Si ses exploits servirent toute la Grèce et l'honorèrent, c'est au Péloponèse qu'appartient sa descendance. Les savants comme Varron comptent quarantequatre Hercules , les historiens comme Diodore de

Sicile, trois, et les curieux comme Cicéron, six. Les ■ Grecs n en connaissaient qu'un, et toutes ces grandes choses accomplies par un seul homme convenaient à leur patriotique orgueil.

Il n'est donc pas étonnant qu'après avoir conquis l'admiration du monde, il ait laissé à une partie de la Grèce, au Péloponèse, ses descendants, comme garantie des hautes destinées qui lui étaient réservées.

3. Mais le héros éponyme de la contrée est Pélops (1350?). En donnant l'histoire du sceptre sur lequel s'appuie Agamemnon, Homère fait la généalogie de cette famille qui avait reçu des dieux le symbole de l'autorité.

(( L'industrieux Héphaïstos fit ce sceptre pour le monarque des dieux, le fils de Chronos. Zeus le donna au divin messager qui triompha d'Argos. Pélops, conducteur de chars, le reçut d'Hermès, et le laissa au puissant Atrée, qui, en mourant, le remit aux mains de Thyeste, riche en troupeaux. Thyeste l'abandonna aux mains d' Agamemnon, afin qu'il pût étendre sa domination sur beaucoup d'îles et sur Argos entière (1).

Le père de Pélops, le Phrygien Tantale, vivait familièrement avec les dieux. Il en profita pour leur dérober le nectar et l'ambroisie. Il voulut même révéler leurs secrets aux humains. En punition de ce double crime, et parce qu'il servit à Zeus et à Déméter, pour éprouver leur divinité, son propre fils

{]) Iliade, chant II, 101. D'après ?dMS^md.s (Arcadie 40), ce sceptre était un javelot que les habitants de Chéronée honoraient comme un Dieu.

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