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CHAPITRE XI

tard, mais le principe est posé dès la première guerre de Messénie.

L'effet immédiat fut le départ d'un certain nombre de Lacédémoniens, qui allèrent chercher sur les côtes de l'Italie, à Tarente, qu'ils fondèrent ou qu'ils étendirent, une liberté ou des privilèges qu'ils ne pouvaient obtenir chez eux.

On ne crut pas que des Lacédémoniens abandonnassent leur patrie sans esprit de retour. Pouvait-on vivre avec honneur autrement que sous la loi de Sparte? Ces citoyens mécontents eurent donc un refuge dans le cas où leur colonie ne répondrait pas à leurs espérances.

Ils purent rentrer, non pour prendre leur rang à Sparte, mais pour être mis en possession du tiers des terres de la Messénie.

2. Une seconde modification à la constitution eut encore des conséquences plus graves et plus profondes. .

Que les éphores aient été chargés par Lycurgue de rendre la justice et de veiller à la tranquillité publique, qu'ils aient été institués par le roi Théopompos, qui leur aurait donné les attributions judiciaires de la royauté, il est certain que leur nom paraît après la première guerre de Messénie. Nommés par le peuple, sans que nous sachions comment, ils pouvaient être pris parmi tous les citoyens, et avaient, pendant un an, la surveillance des rois, des citoyens, de la constitution et des mœurs.

Par eux, l'oligarchie resta maîtresse, mais elle se déplaça et acquit une grande vigueur. Déjà contenus par les droits du sénat, les deux rois perdirent, au

profit des éphores, toute action sur les affaires intérieures. On ne vit plus dès lors dans les rois, que des généraux héréditaires, à qui un mérite exceptionnel et des circonstances critiques pouvaient donner un rôle brillant, mais ne permettaient pas d'espérer une autorité efficace.

L'oligarchie s'exerçait dès lors par deux agents : les sénateurs et les éphores, les rois n'ayant plus qu'une action secondaire et extérieure. Les sénateurs avaient plus de soixante ans, étaient pris parmi les Egaux et conservaient leur charge jusqu'à leur mort.

Les éphores pouvaient être nommés dès Tàge de trente ans, fixé pour exercer les droits politiques du citoyen; ils appartenaient sans exception à toutes les parties de la société Spartiate, même à celle qui devait ses droits à l'adoption, et leur charge durait un an.

Quels devaient être les plus puissants ? Incontestablement les plus audacieux, les éphores. Leur âge s'ouvrait plus facilement à l'ambition ; choisis pour faire contrepoids aux rois et au sénat, ils devaient, par la nature même du service que l'on attendait d'eux, appartenir à la partie du peuple la plus entreprenante et la plus jalouse de son autorité. Toutpuissants, pour un temps relativement court, en présence de deux pouvoirs viagers, ils gouvernaient avec la ténacité particulière à ceux qui ne doivent être maîtres que peu de temps.

Par situation, par ambition ou par dévouement, ils ne devaient pas rester immobiles, et eux seuls pouvaient mettre en mouvement la lenteur lacédémonienne.

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