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CHAPITRE XI

Il ne faut pas oublier qu'ils étaient irresponsables, et que Ton est disposé à tout tenter quand on ne doit rendre compte de rien.

Au milieu du siècle, les éphores semblent être tout à Sparte, et depuis, on trouve dans tous les événements intérieurs et extérieurs leur mam et leur influence. A mesure que les relations s'étendaient, et que les guerres se multipliaient, l'élément actif de la constitution devait l'emporter sur celui qui avait pour but d'assurer la stabilité de la vieille cité Spartiate.

Grandeur et décadence.

1 . Sa part dans les guerres médiques fut glorieuse. Si elle arriva tard à Marathon, elle sut honorer le courage victorieux. Elle eut des héros aux Thermopyles, où ses enfants tombèrent « pour obéir aux lois. » Salamine vit les efforts et les succès de sa marine. Platées consacra l'habileté de Pausanias et la valeur de ses soldats, et, le jour même où, sur terre, elle disputait aux Athéniens le prix de la valeur, à Mycale, son général Léotychidas n'était inférieur à Xanlippe, le père de Périclès, que par un de ces accidents qui, à la guerre, déconcertent les plus prévoyants. On put voir après le sublime effort de la Grèce pour la conservation de sa liberté, le danger des grandes guerres et des expéditions lointaines.

L'ambition naquit au cœur d'un roi. Pausanias, qui avait contribué à chasser les Perses, crut que la Grèce pouvait devenir une sous l'autorité d'un de ses enfants. II se sentait impuissant à Sparte, où les traditions et les éphores contenaient ses projets; il voulut devenir le chef de la Grèce. Il lui fallait le pouvoir, et il espérait l'obtenir par la gloire.

Après Platées, il avait prétendu s'élever au-dessus des autres généraux, et si sa tentative était restée vaine, son dépit fut pour lui une constante excitation.

La prise de Byzance, où il avait trouvé un immense butin, lui fit concevoir les plus hautes espérances. Il entra en relations avec le grand roi, et lui promit la domination de la Grèce. Il espérait se servir de lui, plutôt que le servir. Mais son luxe et sa hauteur irritèrent les alliés qui séparèrent leurs vaisseaux des siens, et les éphores le firent rappeler.

Il obéit et si Sparte n'eut plus à craindre un maître, elle perdit le commandement de la flotte; et l'hégémonie navale que le Péloponèse avait gardée, passa, grâce à la défection des Ioniens, toujours jaloux des Doriens et fiers de leur indépendance, à sa rivale Athènes.

L'accusation de haute trahison portée contre lui, provoqua une enquête longue et difficile. Il accumulait les explications de sa conduite et trouvait à Sparte des complices. Il fut acquitté, grâce à la corruption, et put garder, après un jugement inattendu, le titre de régent de Plistarchos (4^74-).

2. Sparte perdit l'hégémonie de la Grèce, dont Athènes hérita. Elle en souffrit dans son orgueil et

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