CHAPITRE II
ses habitants, renversa ses murailles et rasa ses maisons.
Argos, à qui semblait, pour son ancienneté et son illustration, appartenir la domination du Péloponèse, eut une existence secondaire et un rôle politique intermittent; mais son nom est resté, jusqu'à nos jours, attaché aux ruines que le temps et les hommes avaient faites.
Sparte, dont l'origine remonterait à 1380, fut mêlée à toutes les grandes choses de la Grèce, qu'elle domina à deux reprises, et a laissé dans l'histoire une trace profonde. Sa physionomie ne ressemble à aucune autre; et, n'aurait-elle pas joué un rôle aussi considérable, elle mériterait l'attention par sa singularité. Le peuple Spartiate restera toujours un peuple à part.
Après la prise de Troie, la Grèce est profondément agitée. Le retour des chefs, les changements survenus dans leurs Etats pendant une longue absence, l'effet produit sur les peuples par un contact plus constant etplusintime, devaient avoir des conséquences générales.
Un nouveau mouvement de peuples se produit.
Les Thessaliens traversent le Pinde et s'établissent entre l'Othrys et l'OEta, sur les bords du Sperchios.
Les Dorions, qui habitaient au pied de l'Olympe, passent à travers des populations moins nombreuses ou moins fortes, se dirigeant vers la Péninsule.
Les descendants d'Hercule étaient alors victimes de la haine qui avait poursuivi ce héros. Chassés du Péloponèse, ils allèrent chercher un asile en Trachinie, puis en Attique (1208). Eurysthée périt en les
combattant. C'était le dernier représentant des Persides.
La victoire enhardit les Héraclides. Ils se répandirent dans le Péloponèse. Une peste, vengeance des dieux, les en chassa, parce qu'ils avaient devancé l'époque fixée par le destin.
La mort d'Hyllos, fils d'Hercule, tué dans un combat singulier, par Echémios, roi de Tégée, fut suivie d'une convention, qui fixa leur retour à trois générations. Ils se mêlèrent aux Doriens, qui comptèrent sur eux pour conduire et faire triompher, dans le Péloponèse, leur ambition conquérante.
Les Doriens étaient attirés par le Péloponèse. qui semblait attendre desmaîtres. Les chefs ne manquent pas aux expéditions aventureuses. Les descendants d'Hercule ne pouvaient se refuser à une tentative qui leur rendait la patrie. Téménos, Cresphontès et Aristodémos se mirent à la tête de ce mouvement, qui marque la fin des invasions primitives en Grèce. Ils avaient pour compagnons deux fils d'Egémios, qui avaient cédé à Hercule, en reconnaissance d'un service rendu dans la guerre contre les Lapithes, un tiers du pays qu'ils possédaient.
Les Héraclides et les Doriens eurent, dès lors, des intérêts communs.
5. Les trois chefs attaquèrent le Péloponèse par mer. Aristodémos, frappé de la foudre, mourut à Naupacte, laissant deux fils jumeaux : Eurysthénès et Proclès. Ils continuèrent la guerre, vainquirent et tuèrent Tisaménès, fils d'Oreste. Le territoire appartint tout entier aux Doriens. (de 1190 à 1104).
Ils se le partagèrent par le sort. Téménos eutArgos ;