CHAPITRE II
guerre de Troie, la prise de possession du Péloponèse par les Héraclides.
Elle serait, selon la date adoptée pour cet événement célèbre, de 1100 ou de 1190 avant J.-G. La conquête avait duré assez longtemps pour que les populations primitives pussent comprendre Tinanité de toute tentative, et que la fusion se fit d'elle-même, dans la mesure où elle convenait au génie et aux intérêts des Dorions. Il en résulta un apaisement momentané. Ce n'est que plus tard que toute cause de lutte disparut (676). Les vers de Terpandre eurent cet honneur; mais le temps, ici comme partout, fit son œuvre.
Jusqu'alors, on marche à travers une confusion que la vanité de chaque ville étend et accroît. La légende raconte, et l'histoire se tait. Les témoignages se contredisent, et c'est à peine si quelques faits peuvent être dégagés et rapprochés de manière à former un ensemble.
On n'est pas encore dans l'histoire positive, mais on y tend. Les migrations cessent ou deviennent plus rares. Des nationalités disparaîtront, c'est le sort de la guerre, mais chaque peuple a désormais un but. Maître de lui-même, à l'abri de soudaines invasions, il peut protéger sa sécurité, organiser son gouvernement, obéir à son génie, étendre son commerce, et chercher sa prospérité par le travail, ou préparer des conquêtes dans le voisinage et des colonies dans les contrées lointaines.
L'histoire de Sparte ne tardera pas à se dégager de rhistoire générale du Péloponèse. Séjour desHéraclides et centre de la puissance Dorienne, Sparte
apparaît dans un jour mystérieux, regardant au delà de ses frontières. On peut, non pas distinguer encore le vrai du légendaire, mais entrevoir des causes d'une grandeur future, et pressentir ce qui sortira de la longue et douloureuse élaboration par laquelle passe nécessairement tout ce qui doit compter dans les annales de l'humanité.