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CHAPITRE III

Il bannit de Sparte les arts frivoles, institua les repas publics, régla l'éducation, les droits du père et de l'Etat, les lois du mariage, tous les arts de la vie, défendit de voyager à l'étranger, et s'efforça de laisser la ville en dehors de tout contact, afin que rien ne pût en affaiblir le caractère belliqueux.

Après avoir tout organisé, il fit prêter aux rois , au sénat, aux magistrats, au peuple, le serment de ne pas toucher aux lois avant son retour, consulta l'oracle de Delphes, qui l'assura que ce qu'il avait fait était bon, et se laissa mourir de faim, ne voulant rentrer à Sparte ni vivant, ni mort.

On lui éleva un temple, et des sacrifices annuels lui furent offerts comme à un dieu.

Organisée pour la guerre, Sparte offrait l'aspect d'un camp où chacun était toujours sous les armes. La loi n'était si souveraine que pour former une peuple fort, prêt à tous les événements, capable de tous les sacrifices. L'anarchie l'avait exposée à la décadence, l'ordre prépara son élévation. La mollesse avait vicié son antique courage, la réforme de l'éducation, qui faisait des soldats, lui donna une force incomparable, et lui permit de concevoir les plus ambitieuses espérances.

Accroissement jusqu'après les guerres médiques.

1 . Le premier fruit de la législation nouvelle fut l'entière conquête de la Laconie. Ceux qui ne voulu-

rent pas se soumettre allèrent, en Italie, chercher des destinées nouvelles et des voisins moins redoutables. Tarente fat la fille glorieuse des émigrés Laconiens.

Après avoir ruiné Hélos, Sparte, moins heureuse contre Argos et Tégée, vit son roi Charilaos prisonnier, et ses compagnons, qui s'étaient promis une victoire facile, furent réduits en esclavage.

Elle se tourna vers la Messénie, où régnaient des Héraclides. Qu'importait la communauté d'origine, dès que l'ambition parlait? Les griefs ne manquent jamais contre un pays voisin. On a toujours la ressource d'incriminer les intentions, si l'on n'a rien à reprendre aux actes.

Mêlés aux descendants des Pélasges, dans la Laconie, les Doriens oubliaient d'ailleurs facilement la communauté d'origine avec ceux qui avaient eu leur part dans la conquête du Péloponèse, et si l'ambition de s'accroître n'expliquait pas tout, cet antagonisme donnerait peut-être la raison de la lutte et de l'âpre ténacité qui la caractérisa.

La première guerre de Messénie commença par la prise d'Amphée (743). Elle dura vingt ans, et se termina par la conquête d'Ithôme.

Les Messéniens émigrèrent en Arcadie, à Argos, à Sicyone, à Eleusis. Ceux qui restèrent durent abandonner la moitié des fruits d'une terre fertile, et se rendre à Sparte, en certaines circonstances, pour satisfaire l'orgueil d'un vainqueur ambitieux, qui réclamait des témoignages extérieurs et réitérés de soumission.

(( Tyrtée, dit Pausanias (l), parle dans les vers (1) Messénie, chapitre XI V.

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