CHAPITRE I
Géographie.
1 . L'histoire d'un peuple est contenue en germe dans la situation du pays qu'il habite.
Cette situation influe sur son caractère, détermine ses relations, prépare et impose ses alliances et ses guerres, fait sa richesse ou sa pauvreté, et entre pour une proportion considérable dans les causes de sa grandeur et de sa décadence.
La Grèce ancienne est une presqu'île au sud-est de l'Europe. Son étendue superficielle, avec les îles, sans l'Epire , qui lui était étrangère comme nationalité et comme relations, était, d'après Clinton (1), d'environ 57,511 kilomètres carrés.
(1) Fasti Hellenici»
Elle comprenait les pays situés au sud du massif de rOlympe et des monts Cambuniens, qui la séparaient de la Macédoine, contrée qui ne fut jamais considérée comme grecque, et de TAous, qui lui servait de limite, avec un contre-fort du Pinde, du côté de rillyrie.
Elle était entourée à Test, à Touest et au sud, c'està-dire dans la plus grande partie de son étendue, par la mer Egée, la mer de Myrtos, la mer Intérieure et la mer Ionienne.
Une barrière de hautes montagnes la protégeait au nord contre les invasions de l'Asie, pépinière inépuisable de peuples , pendant que les trois parties du monde ancien semblaient, par la mer, s'ouvrir devant elle et sollicite!' l'activité de ses habitants.
Ses rivages sont extrêmement découpés. La terre et les flots, dans leur lutte continuelle, ontformédes havres nombreux et profonds , des baies ouvertes, des criques resserrées, sur quelques points, qui offrent un refuge naturel à ses vaisseaux et appellent ceux des contrées voisines ; sur d'autres, la côte est unie et marécageuse. Le sol se prolonge au sud par des promontoires qui semblent chercher l'Afrique. Ce sont les ramifications extrêmes de ces montagnes de hauteur variable qui sillonnent, dans tous les sens, ses diverses parties, et y forment des réservoirs destinés à enfermer de petites populations. Jalouses de ne pas se mêler aux autres, ou désireuses d'abriter leur indépendance derrière des remparts naturels, les villes ont pris, au sommet des collines, sur leurs flancs ou dans les plaines, un développement plus ou moins considérable, selon le génie de leurs