CHAPITRE I
habitants, le temps, les circonstances, leur position et la nature du sol. Les villes ont ainsi , comme les hommes, leur destinée.
Des golfes s'enfoncent profondément dans les terres, étendant ainsi les rivages, et offrant aux besoins etàTambitiondes peuples une route ouverte. Comment ne pas se familiariser avec la mer, lorsqu'elle environne de tous côtés , et que, par une plage unie ou des sinuosités rocheuses, elle offre à la fois facilité pour aborder ou s'éloigner, et refuge pour éviter la tempête ou échapper aux pirates plus dangereux qu'elle?
Des îles nombreuses, réunies ou dispersées, différentes par l'étendue, la nature du sol, l'aspect, fertiles ou stériles, d'un abord facile, ou inhospitalières, semblent des points de repère pour les rivages voisins, et des stations après les dangers et les fatigues d'une laborieuse navigation.
2. La Grèce a tenu au continent asiatique, peutêtre même à l'Afrique , avant l'irruption soudaine ou la formation lente de la mer Intérieure et de ses prolongements. Nulle part le sol ne semble avoir été plus profondément troublé. Quelques îles seulement émergent aujourd'hui, comme des témoignages d'une antique union, et les souvenirs de mouvements souterrains, conservés dans les légendes des premiers temps, sont ravivés, trop fréquemment, par des tremblements de terre non moins redoutables pour les villes du continent oriental, que pour le sol volcanique de l'archipel.
Les montagnes se prolongent en chaînes ou s'élancent en pics. Pendant que les monts Gambuniens,
aux sommets escarpés , aux vastes courbes, aux vallées profondes, vont de Test à Touest, le Pinde descend du nord au sud, séparant en deux parties presque égales les contrées septentrionales, peu mêlées au mouvement de la Grèce et trop souvent traitées par elle avec dédain.
Le Pinde se continue par une multitude de chaînes secondaires, se heurtant, se confondant, formant de nombreux bassins intérieurs, courant de Touest à l'est et se subdivisant en ramifications tourmentées, qui forment des bassins intérieurs, menacent la mer, ou, par une pente douce, vont m.ourir dans ses flots.
La Grèce centrale, à l'est du Pinde, est un massif inégal qui s'élance sur plusieurs points en pics isolés, et mêle sur d'autres d'inextricables réseaux. Ce massif se prolonge vers le sud-ouest, sépare la mer Saronique de la mer des Alcyons, qui, sur un point, sont près de se rejoindre, et divise la Grèce méridionale en un certain nombre de contrées, véritables îles intérieures, dont des rochers forment la ceinture et donnent au sol et à la température une extrême variété. Le génie des peuples fut aussi divers que l'aspect du sol.
3. Les cours d'eau sont nombreux, mais peu étendus et peu abondants. Des pluies subites et torrentielles, que n'absorbent plus les sommets et les flancs déboisés des montagnes, creusent leur lit et inondent d'étroites plaines. Ils sont retentissants et redoutables. Quelques jours, quelques heures après leur brusque expansion, ils ont repris leur cours paisible et serpentent modestement sous les roseaux et les lauriers-roses, ou se glissent à travers les