‹ Institutions de SparteChapitre 34 sur 242 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

Grèce et en changèrent l'éqailibre. La lutte contrôles Barbares ne fut définitivement terminée qu'en 4i9; mais, après une paix glorieuse, la Grèce tournait ses armes contre elle-même, et allait user, dans des luttes stériles et sanglantes, des forces qu'il eût été de son devoir et de son intérêt de réserver pour d'autres dangers.

Antagonisme de Sparte et d'Athènes.

1. Lorsque Thémistocle voulut réparer l'outrage fait à Athènes, par une double occupation des barbares, et relever ses murs, Sparte s'y opposa. Pour elle, la seule forteresse de la Grèce, c'était le Péloponèse. Thémistocle traîna les négociations en longueur, jusqu'au moment où les murs furent achevés. Il fit valoir alors devant les Spartiates les raisons de sa conduite, et les motifs qui obligeàint Athènes à prendre ses précautions contre une invasion nouvelle.

Sparte dissimula. L'emploi de la force était incertain, et la Grèce, qui sortait d'une terrible épreuve, demandait à être ménagée.

Elle voulut pourtant essayer son influence sur les cités de la Grèce et créer des difficultés à Athènes, dont la prépondérance l'irritait. Elle proposa d'exclure du conseil amphictyonique les peuples qui, par prudence, ou parce qu'ils avaient reçu l'or de la Perse, étaient restés étrangers à la guerre. Sa de-

mande fut repoussée sur le conseil de Thémistocle, qui, grâce à une politique de désintéressement, faisait à sa patrie des alliés., et à Sparte des ennemis.

Personne, du reste, iî^ nuisait plus à Sparte que Sparte elle-même. Son esprit devenait de plus en plus ombrageux, sa politique inquiète et passionnée. Habituée à n'attendre rien que de la force, irritée de voir cette force impuissante en présence d'une domination morale généralement acceptée, elle faisait plus que jamais de l'intérêt la règle de sa conduite, et comme elle ne tenait aucun compte des droits des autres, aucune injustice ne faisait hésiter son étroite et impitoyable politique.

Après Mycale , elle voulut contraindre les Ioniens à détruire leurs villes, et à venir s'établir en Europe, sur les terres que l'on enlèverait aux peuples qui avaient manqué à leur devoir dans les guerres médiques. Milet, Phocée, Smyrne, Halicarnasse auraient disparu. C'était peu pour Sparte, qui était Dorienne et faisait, d'ailleurs, bon marché des traditions et des intérêts des autres. Son égoïsme, érigé en vertu, ne lui laissait voir que ce qui pouvait seconder sa politique. Indépendammentde l'atteinte qu elle aurait portée à Athènes si sa proposition avait prévalu, elle donnait satisfaction à sa vieille haine dorienne contre tout ce qui était ionien. Avec de tels principes et un pareil égoïsme, on ne peut que multiplier les haines et préparer les catastrophes.

Léotychidas ne prit aucune part à l'expédition dirigée par Athènes contre la Thrace, où restaient établis, comme une menace perpétuelle, un grand nombre de Perses. Il lui suffit de s'assurer que les

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