‹ Institutions de SparteChapitre 35 sur 242 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

ponts de Xerxès n'existaient plus. Sa flotte abandonna celle d'Athènes (478).

L'année suivante, vingt galères du Péloponèse, commandées par Pausanias, chassèrent de Cypre les Perses, et, jointes à trente vaisseaux athéniens que commandaient Aristide et Cimon, elles prirent Byzance.

Gessuccès étaient dus à Pausanias. Il en futenivré. Le contact avec les Perses qu'il avait faits prisonniers, et qui, bien traités, lui rendaient en adulation ce qu'ils recevaient en liberté, lui devint funeste. Il apprit à dédaigner l'austérité de sa patrie, à estimer le luxe asiatique, à concevoir pour un roi de Sparte un pouvoir plus indépendant et plus complet que celui de la tradition et de la loi.

Ses prisonniers irritèrent ses désirs par leurs récits et secondèrent son ambition par des intrigues. Il entra en négociation avec le roi de Perse, lui demanda sa fille et lui promit la soumission de Sparte.

Afin que sa rupture ne fût un secret pour personne, il prit le costume et les habitudes des Perses, et traita avec tant de hauteur ses soldats et ses alliés, que quelques-uns retournèrent chez eux, et que d'autres rejoignirent la flotte athénienne , ne voulant obéir qu'à des Grecs.

Sparte secondait ainsi, par ses fautes, la suprématie d'Athènes.

Elle rappela Pausanias. Il s'échappa, revint à Byzance, qu'il considérait comme le centre de ses opérations et la garantie de son indépendance ; puis, confiant en ses richesses, convaincu qu'elles lui suf-

firaient pour acheter sa patrie, il reparut à Sparte. Il fut jeté en prison, et peu après remis en liberté. On cherchait des preuves de trahison contre lui. On put constater enfin qu'il travaillait à soulever les Hilotes, qu'il était en relation avec Artabaze, satrape de Bithynie, et aspirait à la tyrannie, après avoir, par la force, renversé les lois de Sparte. Condamné, il se réfugia dans le temple d'Athéna Chalciœcos, dont la porte fut murée, et d'où il fut enlevé mourant.

Thucydide (1) fait, à ce sujet, une observation qui met dans tout son jour la prudence patriotique des Lacédémoniens dans les circonstances qui pouvaient porter atteinte à la constitution de leur ville : (( La conduite des Spartiates à l'égard de Pausanias, ditil, était celle qu'ils ont coutume de tenir entre eux ; ils ne se hâtent jamais de prononcer des peines capitales contre un Spartiate, sans avoir des preuves incontestables.»

En louant ainsi Sparte, l'historien ne songeait-il pas à la rapidité des jugements d'Athènes? Il n'en est pas moins vrai que, par ses lenteurs, Sparte semblait vouloir trouver en Pausanias un innocent plutôt qu'un coupable.

2. Léotychidas, envoyé en Thessalie, se laissa aussi corrompre, et Sparte comprit la sagesse de Lycurgue, qui, repoussant les étrangers, recommandait de terminer rapidement les guerres et proscrivait les expéditions lointaines.

La ligue formée entre les villes de la Grèce, qui réunit, pour la guerre commune, une somme annuelle

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