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CHAPITRE III

Athènes avait ordonné à Potidée, sa colonie, située à l'extrémité d'une des pointes de la Ghalcidique, sur l'isthme de Pallène, de renverser ses murailles du côté de la mer, et de chasser les magistrats corinthiens qui, avec le roi de Macédoine, se partageaient Tinfluence. Potidée s'y refusa, et Sparte encouragea sa résistance, en promettant d'envahir l'Attique, pour occuper les forces d'Athènes. C'était rompre la trêve.

La Grèce le comprit, et il y eut une grande assemblée des alliés à Sparte. Athènes y envoya ses ambassadeurs. Elle espérait faire prévaloir la voix de la sagesse, en montrant ce que réclamait l'intérêt général.

Le vieux roi de Sparte, Archidamos, parla avec une force remarquable, un patriotisme ardent, et cette habileté simple et sobre, qui auraient pu faire dire de lui ce que Thucydide a dit de Brasidas (1) : a Pour un Lacédémonien, il n'était pas sans éloquence. » Il se prononça pour la paix, mais l'éphore Sthénélaïdas^ interprète des haines populaires, l'emporta, et l'oracle de Delphes appuya ses raisons par une autorité à laquelle on ne résistait pas à Sparte^ et qui, en ce moment, flattait les passions les plus chères.

On n'osait pourtant pas prendre la responsabilité de la guerre. On vota, pour le maintien de la paix, des conditions inacceptables, entre autres la liberté des Eginètes et le bannissement de la famille des Alcmœonides. Cette condition fut d'autant plus facilement adoptée parles ennemis d'Athènes, qu'elle

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paraissait exclusivement inspirée par un scrupule religieux. Mais Sparte savait ce qu'elle voulait. Périclès appartenait à la famille des Alcmœonides, et Périclès, la gloire d'Athènes, était, pour Sparte, le premier obstacle à renverser.

Athènes discuta ces conditions, comme si elles avaient été acceptables; elle ne voulut pas avoir la responsabilité des hostilités; mais ce n'est pas à la raison que l'on obéissait, et la guerre ne put être évitée.

2. Sparte eut pour alliés tous les peuples du Péloponèse, à l'exception des Achéens, .qui vinrent plus tard, et d'Argos, qui, obéissant à de vieilles rancunes, resta toujours ennemie ; les 3Iégariens, les Locriens, les Béotiens, la Doride, la Phocide, Ambracie, Leucade, Anactorium et l'Etolie.

Il n'y avait pas de trésor commun. C'était la tradition de Sparte. Au besoin, elle avait des promesses d'argent jusqu'en Sicile, et elle savait que la Perse ne lui manquerait pas.

Du côté des Athéniens s'étaient rangés les peuples voisins de l'Attique, des villes de l'Hellade, la plus grande partie des îles de la mer Egée, les cités Ioniennes, les contrées voisines de THellespont, la Thessalie et la Thrace. Le revenu annuel était de mille talents. Ils avaient trois cent trirèmes, et près de cent mille soldats ou matelots, parmi lesquels on comptait vingt-neuf mille hoplites.

Archidamos , n'ayant pu faire prévaloir la paix, mena la guerre avec vigueur. A la tête de 60,000 hommes, il envahit l'Attique. Par le conseil de Périclès, tous les habitants s étaient réfugiés der-

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