CHAPITRE III
rière les murs de la ville. Les Lacédémoniens ne purent que détruire des récoltes et des chaumières.
La flotte athénienne ravagea les côtes du Péloponèse. La peste, qui, pendant trois ans, à deux reprises, couvrit de funérailles la ville d'Athènes, ne suspendit pas les hostilités. Le siège de Platée, par les Spartiates, fut long et terrible. S'il montra l'obstination des assiégeants , qui essayaient de suppléer par la valeur à une inhabileté qu'ils avaient souvent reconnue , il mit dans un relief admirable le courage et les ressources des assiégés.
Vingt galères athéniennes, sous le commandement de Phormion , battirent quarante-sept vaisseaux du Péloponèse, et, dans un second engagement, complétèrent leur victoire.
Sparte, impitoyable pour les prisonniers et les vaincus , avait montré contre les peuples de m.ême sang une cruauté qu'elle avait épargnée aux Barbares. Athènes se vengea sur Mitylène, et Platée, enfin prise par les Spartiates, dut subir, après l'apparence d'un jugement, un traitement qui fait frémir.
Tels sont les fruits des guerres civiles, plus sanglantes et plus impitoyables que les guerres étrangères, parce que l'on hait quand on croit en avoir des motifs, en raison de l'aflection que l'on a éprouvée ou que devait inspirer la communauté de race et de nom,
Athènes avait perdu Périclès, mais son génie paraissait encore vivant et souverain.
Poussés par les vents à Pylos, les Athéniens s'établirent sur la côte, improvisèrent une ville et des murs, et par eux-mêmes et les Messéniens , qu'ils
pouvaient soulever en ravivant leur haine et leurs espérances, portèrent l'effroi dans Sparte.
L'île de Sphaetérie, occupée par les hoplites lacédémoniens, ne leur offrit pas longtemps un refuge. Il durent se rendre, et Sparte perdit à la fois de vaillants citoyens et cette influence morale qui fait plus pour la victoire que la valeur.
Sparte abaissa son orgueil et son patriotisme jusqu'à s'adresser au roi de Perse, pour lui demander du secours contre ses compatriotes. Les soldats des barbares ne franchirent pas la mer Egée, mais l'or du grand roi eut une large part dans ces sanglantes collisions où la Grèce se déchirait elle-même. La Perse triomphait ainsi plus sûrement que par les armes.
3. Brasidas releva le courage et la fortune de Sparte. Il porta la guerre en Thrace contre les alliés d'Athènes, convaincu qu'il frapperait ainsi au cœur une ville qui voyait sans effroi le fer et le feu ravager l'Attique. Athènes vivait par ses colonies. Brasidas s'empara de Stagire, d'Acanthe, d'Amphipolis, de Scioné, et, par ces succès lointains, dus à la force ou à l'intrigue, à la persévérance ou à l'audace, il détermina une trêve d'un an (-4:23).
Scioné avait été prise deux jours après la signature de la trêve. Athènes la redemanda. Sparte prétendit la conserver, et la guerre recommença.
La mort de Brasidas et de Cléon dans le même combat favorisa les tentatives de conciliation (-42-2). Elles amenèrent la paix Tannée suivante. Rien ne fut changé dans la situation respective des deux rivales. L'échange des prisonniers, le retour à leur premier